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Les manifestations

© ENSAG - tous droits réservés

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DERNI√ąRE MISE √Ä JOUR LE : 28/11/2017

Les travaux d'étudiants
"√Čloge de la maquette"

Le travail du studio s'organise et se développe à partir de la maquette en tant qu'outil de conception et de recherche.

Pour qu'il soit efficace et pertinent cet outil suppose une certaine rigueur dans sa manipulation, et certaines règles, qui lui sont propres, en fonction de ce que l'on veut montrer ou exprimer.

La maquette, même à très petite échelle, est toujours fascinante par la puissance de son expression. Elle permet une lecture globale et immédiate de l'intention. Elle est un geste à la fois accompli et incertain qui ne donne à voir que ce que l'on veut montrer et qui seule à cette capacité à représenter ce qu'elle est dans toute sa force et sa vulnérabilité. Elle est fondamentalement juste et vrai dans ce qu'elle montre. Elle va à l'essentiel du projet qu'elle contient, nous révèle immédiatement sa force et sa faiblesse, ses limites ou son développement possible. Bien souvent le développement du projet ne sera qu'une suite de manipulations formelles pour retrouver l'intensité et la puissance de l'idée exprimée dans la première maquette.

De la m√™me mani√®re que les calques d'une esquisse se superposent l'un sur l'autre et deviennent ainsi le support de l'√©pist√©mologie du projet, les maquettes doivent se r√©p√©ter en mettant en √©vidence les √©l√©ments fondamentaux qui vont se d√©velopper autour de l'intention premi√®re. Elles deviennent ainsi une v√©ritable mise en Ňďuvre de la pens√©e architecturale et permet ainsi de donner √† voir cette pens√©e, de la contr√īler, de l'√©valuer.

Nous sommes √©videmment bien loin de la maquette de "promoteur" qui va mettre en Ňďuvre un objet se r√©duisant le plus souvent √† une image f√©tichiste du produit √† vendre.

Dans notre optique, loin d'√™tre un travail sur l'image, le travail de conception en maquette met en Ňďuvre les √©l√©ments fondamentaux de l'architecture comme la figure, le type, le parcours, l'espace et la lumi√®re, le principe constructif, l'intelligence avec le lieu, "la fabrication pens√©e d'espaces" comme disait Louis Kahn.

Plus que le dessin d'architecture dont la codification abstraite n'est perceptible qu'aux initiés, quant les grilles minimum d'analyse lui ont été données la maquette est immédiatement compréhensible par le grand public, par sa nature volumétrique. Elle laisse une degré de liberté plus grand que le dessin dans sa perception ; elle n'est pas qu'une image surface, peau, elle se regard aussi comme une sculpture. On la prend, on la manipule, on l'utilise, on la pose ailleurs.

Comme le dessin, la maquette en tant qu'outil de recherche et de conception utilise le matériau dans une définition correspondant à son échelle. Plus l'échelle est petite, plus le registre et la mise en place du matériau doit être simple. A l'inverse du trait d'esquisse qui, dans son imprécision absolue reste toujours juste dans l'intention qu'il révèle, la maquette montre une idée plus aboutie parce qu'elle détermine l'intention dans l'espace. Son expression privilégiée est souvent la coupe car mieux que tout autre outil elle donne à voir la lumière, la transparence, l'opacité et leur combinaison dans le parcours.

Elle demande un certain pouvoir d'abstraction dans sa manipulation o√Ļ chaque √©chelle a son propre registre de d√©finition. Dans le cadre de notre enseignement et dans les pr√©occupations qui sont les n√ītres, √† savoir mener un travail th√©orique sur et par l'interm√©diaire du projet qui lui m√™me est l√† comme outil de recherche durant des s√©quences et des temps quelque fois relativement court, ces maquettes nous renseignent plus sur la pertinence des intentions et des choix mis en Ňďuvre dans les projets pour se confronter √† la r√©alit√©, qu'√† montrer une s√©rie de projets fig√©s dans une image aboutie.