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Accueil > Les Métiers de l'Histoire de l'Architecture

18/07/2014

Les métiers de l'histoire de l'architecture
édifices-villes-territoires

Informations pratiques

Formation doctorale

Ecole doctorale de rattachement : ED 454 "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire" (Université de Grenoble).

Mots clés

édifice / ville / territoire / histoire de l'architecture / histoire des formes urbaines / théorie(s) de l'architecture / théorie(s) urbaines / architecture vernaculaire / temporalités / territoires métropolitains / environnement-écologie /relevé / analyse graphique

Orientations scientifiques

Le laboratoire MHAevt a fait sienne la conception de l'architecture telle que proposée par Alberti dès le prologue du De re aedificatoria, à savoir que "nous ne devons pas seulement à l'architecte les refuges sûrs et agréables qu'il nous a procurés contre les ardeurs du soleil et les frimas de l'hiver", mais "qu'en taillant la roche, transperçant les montagnes, comblant les vallées, endiguant la mer et les lacs, drainant les marais, armant les navires, rectifiant le cours des fleuves, repoussant l'ennemi, construisant des ponts et des ports, l'architecte non seulement pourvoit aux besoins quotidiens des hommes, mais leur ouvre aussi l'accès à toutes les provinces du monde" . Si l'attitude et la mission de l'architecte se posent aujourd'hui d'une façon autre, une telle acception de l'architecture implique néanmoins de considérer d'entrée de jeu les différents rapports et articulations caractérisant les relations entre édifice, ville, et territoire, étant entendu que l'architecture a pour mission première de rendre le monde habitable, ce qui suppose qu'elle puise ses fondements dans une idée du monde habité – de "notre monde" –, une idée qui n'a cessé d'évoluer selon l'espace géographique et temporel pris comme référence. Idée, ou idéal, qu'il est donc également important d'interroger si nous souhaitons véritablement comprendre les différents modes d'habiter la Terre – i.e. d'édification – adoptés jusqu'à nos jours, puisque participant à expliquer ces espaces dans lesquels nous évoluons et qui constituent le support de nos débats et réflexions actuels.
L'architecture, ainsi entendue, nous oblige donc non seulement à questionner le différentiel caractérisant chacune des échelles spatiales – de la plus petite à la plus grande dimension –, mais également les variations propres aux échelles temporelles qui leur sont rattachées – où temps courts et longue durée s'entremêlent. Les recherches conduites sur l'architecture de la ville, notamment, nous ont en effet permis de prendre conscience du caractère essentiel de ces composantes dans/de la pensée architecturale, et de la nécessité d'intégrer la longue durée de la fabrication, mais aussi de la pensée. L'échelle de la ville, estime Paul Ricœur, est la mieux à même de nous faire appréhender le "travail du temps dans l'espace", celle-ci "offrant au regard une histoire sédimentée des goûts et des formes culturelles".

Notre intérêt pour ce travail du temps dans l'espace participe à expliquer que l'histoire de l'architecture soit convoquée dans notre activité de recherche tout autant comme savoir constitué sur l'architecture que comme méthode, processus de formation d'une pensée de l'architecture et, par là même, d'un regard critique qui sait voir . Pour mener à bien notre enquête, nous mettons en œuvre cette faculté ô combien précieuse de l'architecte consistant en cette aptitude à pouvoir convoquer et analyser les différents documents propres à son savoir que sont les textes – historiques, théoriques, critiques, littéraires –, les documents graphiques – cartes, plans, esquisses, croquis, etc. – outre, bien évidemment, l'"objet" physique lui-même – qu'il soit édifice, ville ou territoire habité. "Travailler" – au sens de Foucault – ces documents de natures diverses mais faisant tous partie intégrante de la culture architecturale constitue l'un des fondements méthodologiques des recherches que nous conduisons. Pour ce faire, nous mobilisons également la variété des outils de représentation à disposition de l'architecte – le dessin, la photographie, la vidéo, la cartographie, etc. – et interrogeons leur potentiel en tant qu'outils d'analyse mais aussi d'énonciation d'une pensée sur l'architecture. En outre, ceux-ci constituent également en tant que tels des objets de recherche privilégiés puisqu'ils sont les vecteurs par lesquels la pensée architecturale s'élabore, est énoncée, communiquée, offerte au débat, et se matérialise.

L'histoire critique comme méthode

Nous le savons, notamment par Benedetto Croce, toute histoire est histoire contemporaine. Aussi, la ré-interrogation constante de l'histoire constitue-t-elle une démarche essentielle à laquelle nous contraint l'évolution incessante de nos sociétés et, par là même, de l'espace qu'elles transforment à l'image du monde qu'elles habitent. Nous faisons nôtre une histoire questionnant les formes spatiales en même temps que les idées et/ou idéaux dont elles découlent et qu'elles illustrent, ce afin d'être à même de concevoir leur devenir. De fait, "pour agir raisonnablement, ne faut-il pas d'abord comprendre ?" suggérait Marc Bloch. Sonder le passé pour mieux envisager l'avenir, telle est la démarche adoptée, approche également fondée sur ce constat établi par Marc Bloch que "l'incompréhension du présent naît fatalement de l'ignorance du passé. Mais il n'est peut-être pas moins vain de s'épuiser à comprendre le passé si l'on ne sait rien du présent". Une connaissance et compréhension approfondies des principaux enjeux et pensées en acte, passés et présents, constituent en effet, selon nous, le fondement de toute conception envisageant un futur, ce par quoi se caractérise le projet architectural.

L'histoire de l'architecture, telle que nous la pratiquons, visant une meilleure compréhension du monde habité, constitue l'assise de notre activité de recherche. Elle s'entend donc comme savoir fondamental mais aussi comme mode d'interrogation des diverses traditions et cultures architecturales et urbaines en présence, à l'échelle de l'édifice, de la ville, et du territoire. Chacune d'entre elles a en effet élaboré un langage architectural particulier, ses propres référents, qu'il nous appartient de connaître et de comprendre.
C'est pourquoi l'histoire de l'architecture, telle que nous la concevons, ne se résume pas à celle des monuments. Elle ne se résume d'ailleurs pas plus à celle de l'architecture dite savante et se refuse, en outre, de considérer l'objet architectural comme sujet isolé. Toute architecture est située et s'inscrit dans un contexte – spatial, temporel, social, économique, culturel – obéissant à des traditions et cultures locales qu'il nous faut apprendre à décoder, au même titre que les langages savants. Outre l'analyse de l'architecture comme construction matérielle, nous attachons une importance particulière à la pensée qui la fonde, à la production intellectuelle qui lui est liée, aux discours et débats qui lui sont associés. Nos recherches questionnent la pensée architecturale comme processus, de même que les outils – intellectuels comme pratiques – mis en œuvre pour son élaboration et explicitation, dans un contexte particulier. Ces différentes dimensions en interaction dans l'édification du monde habité sollicitent plus particulièrement notre attention et constituent les objets privilégiés nos recherches. Celles-ci s'inscrivent donc nécessairement dans la durée, dans le temps long de l'architecture – et encore plus long des "lois de persistance" propres à la ville et au territoire – et proposent de faire lien avec le présent et le futur en devenir.

C'est pourquoi nous entendons l'histoire de l'architecture comme interrogation constante en corrélation avec les questionnements animant les débats actuels sur l'architecture. L'histoire est pour nous cette méthode d'investigation nous permettant de mieux comprendre les processus à l'œuvre dans l'édification de nos espaces de vie, jusqu'à leurs développements les plus récents. "Le monde de l'histoire, comme le monde de la nature, ne se dévoile qu'à ceux qui posent les bonnes questions, et voient les vrais problèmes. L'historien doit être un authentique reflet de son époque afin de savoir discerner en elle ce qui la lie au passé" affirme Siegfried Giedion. Ainsi, poser la bonne question en se plaçant dans une perspective temporelle large de sorte que le regard se libère de nombre d'a priori et d'images consensuelles, et, par conséquent, être à même d'observer le monde qui nous entoure dans ses véritables dimensions, tel est l'objectif visé en recourant à l'histoire. L'opérativité de l'histoire tient en cela selon nous : en ce qu'elle permet d'acquérir la distance critique permettant de formuler en des termes adéquats problèmes et enjeux actuels – condition première pour aller vers une solution adaptée. Marcel Poëte ne reconnaissait-il pas lui-même dans la perspective historique une méthode pour acquérir "la souplesse d'esprit" nécessaire à la création ?

Les Métiers de l'Histoire de l'Architecture

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