FR | EN

photo bandeau

La recherche

© ENSAG - tous droits réservés

© ENSAG - tous droits réservés

Les thèses soutenues

14/05/2019 - Marie de Guillebon

École doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Thèse préparée au sein de l’équipe d’accueil 7444 Architecture, Environnement et Cultures Constructives

Titre de la thèse

Vers une pratique du réemploi en architecture : Expérimentations, outils, approches

Composition du jury

Résumé de la thèse

Le monde de la construction est aujourd’hui confronté aux exigences et enjeux de la transition socio-écologique. La discipline de l’architecture évolue afin de tendre vers une architecture plus éco-responsable tant du point de vue technique que culturel, économique que juridique. Le réemploi, moins développé que le recyclage, est une pratique qui s’émancipe à grande vitesse et peine à s’insérer dans le système de production normalisé et standardisé imputé par le système industriel et socio-technique actuel.

La thèse s’inscrit dans le cadre théorique de la transition socio-écologique qui propose une vision plus large [1] des changements de paradigme à opérer en intégrant, au-delà du seul versant technique (énergie) l’ensemble des actions sociales et des comportements dites écologiques. Nous situons en ce sens notre recherche dans le cadre théorique que propose Sylvain Lavelle [2] qui opte pour « une transition plus juste »[3]. Il défend une transition polymorphe qui se fonde sur un changement d’oikos, de tekhnè, d’ethos et de muthos, dépassant ainsi la seule question énergétique et intégrant des principes de justice sociale, de relation à l’environnement, d’éthique et de nouvelles narrations socio-culturelles. Nous y lisons un programme d’action transposable à la pratique du réemploi et plus globalement à la discipline architecturale.

Ce travail de thèse questionne les potentiels de cette pratique à induire d’autres approches et outils de projet pour tendre vers une architecture véritablement éco-responsable. Nous proposons la définition d’oïko-responsable pour appuyer sur la nécessité d’un changement de regard sur ce terme, et donner à lire le programme d’actions qu’il suppose. Bien que philosophiques, ces définitions nous ont servis de grilles de lecture et d’analyse des pratiques expérimentales et des outils d’un double corpus de pratiques opérationnelles (huits acteurs) et pédagogique (un module) ; elles nous ont également permis de défricher le fond d’engagement et de sens de cette pratique. Les enjeux de ce travail de recherche consistent à faire l’état des lieux de cette pratique émergente et poser un regard sur la manière dont elle oriente la triple pratique de l’architecture.

Il conviendra alors de vérifier l’hypothèse selon laquelle le réemploi peut induire une architecture oikos-responsable en mobilisant la triple activité de pratique opérationnelle, pédagogique et de recherche. Pour cela, nous proposons un premier temps démontrant comment les praticiens travaillent à sa professionnalisation en réinsérant la dynamique expérimentale dans le processus de projet. Un second temps démontrent leurs capacités à redéfinir ou créer des outils propres au réemploi à mêmes de répondre à cette mutation écoresponsable. Ces deux temps tirent un portrait d’acteurs qui sollicitent, en définitive, cette pratique du réemploi comme un outil pour réinterroger la déontologie des pratiques d’architectes.

[1] Dominique Bourg montrait en 2012 le passage nécessaire de la notion de développement durable vers celle de transition socio-écologique (Bourg, 2012)
[2] Enseignant-chercheur en philosophie à l’Icam Paris-Sénart et de Lille ainsi qu’à l’EHESS Paris
[3] Un nouveau récit pour une transition juste, Sylvain LAVELLE – 2015 ; Revue Projet 2015/1 (N° 344 ), p 96

Mots-clés

réemploi d’éléments en architecture, architecture éco-responsable, expérimentations, outils de projets, recherche/pédagogie/opérationnel, valeurs matérielles et immatérielles

Title

Towards a practice of repurposing materials in architecture : experiementations, tools, approachs

Abstract

The world of construction is nowadays confronted with the requirements and challenges of the socio-ecological transition. The discipline of architecture is evolving in order to move towards a more eco-responsible architecture from a technical, cultural, economic and legal point of view.

Reuse, less developed than recycling, is a practice that is emancipating itself at high speed and struggling to fit into the standardized production system attributed by the current industrial and socio-technical system.

This thesis is part of the theoretical framework of the socio-ecological transition, which proposes a broader[1] vision of the paradigm changes to be made by integrating, beyond the technical side (energy), all social actions and so-called ecological behaviours. In this sense, we situate our research within the theoretical framework proposed by Sylvain Lavelle[2], who opts for "a fairer transition"[3]. He defends a polymorphic transition based on a change of oïkos, tekhnè, ethos and muthos, thus going beyond the energy question and integrating principles of social justice, relationship to the environment, ethics and new socio-cultural narratives. An action program can be transposed to the practice of reuse and more generally to the architectural discipline.

This thesis questions the potential of this practice to induce other approaches and project tools to move towards a truly eco-responsible architecture. We propose the definition of oïko-responsible to support the need for a change of perspective in light of this term, and to give a reading of the programme of actions it implies. Although philosophical, these definitions have served as a framework for reading and analysing experimental practices and tools for a dual corpus of operational (eight actors) and pedagogical (one module) practices; they have also enabled us to explore the basis for commitment and meaning of this practice. The challenges of this work consist in taking stock of this emerging practice and looking at how it guides the triple practice of architecture (pedagogy, research, operational).

It will then be necessary to verify the hypothesis that reuse can induce an oïkos-responsible architecture by mobilizing the triple activity of operational practice, pedagogy and research. To this end, we propose a first step demonstrating how practitioners work towards the professionalization of reuse by reintegrating experimental dynamics into the project process. Secondly, they demonstrate their ability to redefine or create tools for reuse that can respond to this eco-responsible change. These two phases draw a portrait of actors who ultimately request this practice of reuse as a tool to requestion the ethics of architectural practices.

[1] Dominique Bourg showed in 2012 the necessary transition from the notion of sustainable development to that of socio-ecological transition (Bourg, 2012)
[2] Searcher and teacher in philosophy at Icam Paris-Sénart and Lille as well as at EHESS Paris
[3] Un nouveau récit pour une transition juste, Sylvain LAVELLE – 2015 ; Revue Projet 2015/1 (N° 344 ), p 96

10/05/2019 - Hugo Gasnier

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Thèse préparée au sein de l'équipe d'accueil 7444 Architecture, Environnement et Cultures Constructives

Titre de la thèse

Construire en terres d’excavation, un enjeu pour la ville durable

Composition du jury

Résumé de la thèse

La thèse explore les potentiels d’utilisation des terres de déblais comme matériau de construction et examine la pertinence d’une valorisation de cette ressource pour une construction soutenable dans le contexte français actuel avec un focus plus particulier sur la région parisienne. Elle s'articule autour d'une double question qui s’inscrit dans le cadre de la transition écologique des milieux habités : est-t-il pertinent de transformer les terres d’excavation générées par les chantiers des grands centres urbains en ressource pour l’architecture et quels potentiels offrent-elles pour la construction de la ville durable?

La croissance des grandes villes entraine chaque année la production de millions de tonnes de terres de déblais qui sont issues des terrassements nécessaires à la construction de nouveaux immeubles ou extraites lors de la création d’infrastructures de transport (tunnels, gares, routes, …). À lui seul, le chantier du Grand Paris Express « devrait peser de 30 à 40 millions de tonnes » de terres d’excavation qui seront principalement acheminées par péniches en dehors de Paris pour être stockées ou enfouies dans des sites adaptés. Ce processus représente un coût financier, énergétique et écologique phénoménal et l’enfouissement d’une ressource pourtant potentiellement utilisable, d’où l’intérêt de s’interroger sur les possibilités d’utilisation de ces terres comme matériau de construction.

Au commencement de cette thèse en 2015, peu de recherches et encore moins de pratiques portaient sur ce sujet. Or, dès les premières rencontres, les acteurs ont exprimés leur intérêt pour cette possible valorisation des terres de déblais comme ressource.

Il était donc temps, d’une part, de faire le point sur les connaissances scientifiques concernant la matière terre, les pratiques actuelles en architecture de terre et les professionnels spécialistes de la construction en terre. D’autre part, il s’agissait de décrypter le contexte et le système des acteurs des terres d’excavation sur le territoire du Grand Paris. Enfin, la présence d’acteurs motivés sur le Grand Paris a facilité la réflexion prospective sur le potentiel d’utilisation de ces terres en architecture, y compris en ayant la possibilité d’en observer les premiers résultats concrets.

Title

Building with excavated earth, an issue for the sustainable city

Abstract

This thesis explores the potentials of using excavated earth as a building material and examines the relevance of a valorization of this resource for sustainable buildings in the actual French context with a more particular focus on the Parisian region. It is structured around a double question within the framework of the ecological transition of the inhabited environment: is it relevant to transform the excavated earth of the construction sites of major urban centers into a resource for architecture and which are the potentials for the construction of a sustainable city ?

The growth of big cities is generating millions of tons of excavated earth yearly, issued from the necessary earthworks for the construction of new buildings or excavated during the creation of transport infrastructures (tunnels, railway stations, roads,…). On is own, the Grand Paris Express construction site « should generate 30 to 40 millions of tons »[1] of excavated earth that will be principally shipped by barges out of Paris to be stocked or buried in adapted sites. This process has a huge financial, energetical and ecological cost, and a potential usable resource is buried, hence the importance of the question on the possibilities of using this earth as a building material.

At the beginning of this thesis in 2015, few researches and even less practices had been done on the subject. But, ever since the first meetings, the actors expressed their interest for the possible valorization of the excavated earth as a resource.

On one hand, it was time to make an inventory of the scientific knowledges of the material earth, the current practices in earthen architecture and the professional earthen building specialists. On the other hand, it was necessary to decrypt the context and the system of actors around the excavated earth in the Grand Paris territory. Finally, the presence of motivated actors in the Grand Paris has facilitated the prospective reflection on the potential use of these earths in architecture including having the opportunity to observe the first concrete results.

24/09/2018 - Léa Genis

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Thèse préparée au sein de l'équipe d'accueil 7444 Architecture, Environnement et Cultures Constructives et du Centre Max Weber - UMR 5283

Titre de la thèse

Réhabiliter le bâti ancien et les cultures constructives - Engagements, épreuves et attachements autour de la réhabilitation du bâti ancien en pisé en Isère

Composition du jury

Résumé de la thèse

Le bâti ancien est aujourd'hui confronté à des enjeux normatifs, environnementaux et patrimoniaux qui favorisent sa réhabilitation et engagent une multiplicité d'acteurs dans cette activité. Ces engagements mettent en débat les savoirs, les mondes professionnels et les attachements que ces acteurs tissent autour des espaces édifiés. La thèse explore ces dynamiques autour du cas particulier du bâti ancien en pisé (bâtiments construits en terre crue damée dans des coffrages) dans le département de l'Isère. L'objectif de ce travail est de comprendre et de décrire comment et par qui ce bâti est mis en projet et réhabilité, dans un double sens d'amélioration physique et de revalorisation d'un objet aux significations multiples. Nous faisons l'hypothèse que les projets de réhabilitation, par les multiples formes d'engagement qu'ils construisent, participent à détacher l'expérience de ce bâti d'une expérience ordinaire. Ces projets mettent à l'épreuve les attachements que leurs porteurs développent autour du bâti existant et de la matière terre qui le constitue autant que les savoirs et les pratiques constructives qui s'y appliquent. Ces épreuves participent à l'émergence de collectifs qui tissent un maillage politique au sein duquel se composent des espaces de dialogue et d'appropriation des usages, de la pratique et du devenir du bâti existant.

Pour explorer cette hypothèse, la recherche s'inscrit dans une perspective interdisciplinaire qui articule ressources théoriques et méthodes développées en architecture, en ethnologie et en sociologie. Elle développe une anthropologie pragmatique des cultures constructives qui compose une problématisation commune entre ces disciplines autour des questions soulevées par la réhabilitation du bâti ancien. L'exploration de ces questions se base sur un travail d'enquête qualitative multi-située. Il décrit les mondes de la réhabilitation en action, en suivant des parcours de projet portés par plusieurs catégories d'acteurs (habitants, professionnels, institutions). La thèse revient d'abord sur les différentes formes d'engagement qui participent à mettre le bâti ancien en projet, de l'intervention sur un bâtiment spécifique à sa mise en valeur de manière générale. Ces expériences de réhabilitation portent l'attention sur différentes qualités du bâti et contribuent à le faire sortir de l'ordinaire. Le bâti ancien en pisé est ainsi engagé – et engage lui-même – dans de multiples réalités. À la fois maison, lieu de vie, lieu de travail, patrimoine local ou architecture de terre, il fait agir, réagir et rentrer en relation les acteurs qui s'y intéressent. La deuxième partie de l'analyse décrit comment la difficulté d'appliquer des protocoles de réhabilitation entraine les porteurs de projet à s'engager dans des épreuves et à chercher des prises leurs permettant de mener à bien leurs projets. Ces épreuves entrainent les acteurs qui s'y investissent à ajuster leurs relations entre eux et avec le bâti au fur et à mesure du processus de projet. À mesure qu'ils s'approprient les savoirs de la réhabilitation, ils développent différentes formes d'attachement autour du bâti. Les projets de réhabilitation contribuent alors à l'émergence de collectifs plus ou moins pérennes qui se réapproprient les modalités d'intervention sur le bâti et les décisions qui le concernent. La thèse s'attache finalement à mieux comprendre les dimensions plurielles (matérielle, constructive, architecturale et interactionnelle) des cultures constructives du pisé et de sa réhabilitation et propose les éléments d'un dialogue à poursuivre avec les acteurs de terrain autour de l'intérêt et des conditions permettant de faire tenir un espace politique autour des usages et du devenir du bâti existant.

Mots-clés

bâti ancien en pisé, réhabilitation, cultures constructives, collectifs, communautés de pratiques, politiques de l'architecture

Abstract

Ancient buildings face today normative, environmental and patrimonial issues which foster their renovation and engage a great diversity of actors. This multiplicity initiates a debate around knowledge, professional worlds and attachments which are woven around existing buildings. This thesis delves into these dynamics focusing on the case of ancient rammed earth building (raw earth compressed into an external formwork) in the French department of Isere, France. It aims at describing how and by whom rammed earth buildings are involved in retrofitting projects, considering both their physical and representational improvement. We make the hypothesis that retrofitting projects, through the multiple ways of engagement they imply, help to free the experience of this buildings from an ordinary experience. Indeed, they put on trial the attachments developed by the actors around existing buildings and earthen material as much as the building knowledge and practices. These trials bring out collectives that weave a political meshwork. At different scales, this meshwork composes spaces for dialogue and appropriation of uses, practices and futures of existing buildings.

The exploration of this hypothesis follows an interdisciplinary perspective that connect theoretical resources and methods developed in architecture, ethnology and sociology. It develops a pragmatic anthropology of building cultures composing a common problematic for these disciplines to discuss ancient building retrofitting. The investigation is based on multi-sited qualitative ethnography. Following projects paths carried by different actors (inhabitants, professionals, institutions), it describes the retrofitting worlds in action. First, the thesis describes the various forms of engagement in retrofitting projects, from the intervention on a specific building to its evaluation as heritage. These experience draw attention on different qualities of the buildings and bring them out of their ordinary status. Ancient rammed earth buildings are therefore engaged – and engage themselves – in multiple realities: house, place of life, workplace, local heritage, earthen architecture. It makes the actors act, react and interact. Then, the analysis shows how the difficulty of applying strict rehabilitation protocols leads the actors to engage in trials and to develop holds to carry out their projects. As the project progresses, these trials lead them to adjust their relations with each other and with existing buildings. As they grasp knowledge about retrofitting, they develop different attachments. Therefore, retrofitting projects contribute to the emergence of collectives, more or less durable. At their own scale, these collectives reclaim the methods of interventions on buildings and the decision that concern them. The thesis eventually aims to better understand the plural dimensions (material, constructive, architectural and interactional) of rammed earth building retrofitting and propose components for a dialogue to carry on with local stakeholders around the interests and conditions that would make possible to hold a political space around the uses and futures of existing buildings.

Keywords

rammed earth building, retrofitting, building cultures, collectives, communities of practice, politics of architecture

17/09/2018 - Claire Rosset

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Equipe d'accueil 7445 Les Métiers de l'Histoire de l'Architecture, édifices-villes-territoires dans le cadre d'une CIFRE avec le CAUE de Haute-Savoie.

Titre de la thèse

Imaginaire du passé et pensée du monde moderne - Processus de médiatisation chez Albert Laprade, architecte

Composition du jury

Résumé de la thèse

Le débat architectural du début du XXe siècle semble sous-tendu par les oppositions entre les tenants d'une tradition comme transmission historique ou régionale et ceux d'une modernité comme revendication de la tabula rasa. Mais si la modernité « intervient comme une coupure entre le passé et l'avenir […], elle assure aussi la jonction qui permet au passé de s'enrichir et à l'avenir de se souvenir ». Elle peut ainsi être observée dans les rapports qu'elle entretient avec la tradition, l'intérêt pour les cultures traditionnelles et vernaculaires s'amplifiant simultanément à l'émergence de la modernité architecturale. La thèse interroge les processus de fabrication qui permettent à l'architecte de construire une idée de la modernité architecturale qui se réclame de la tradition.

Les enjeux de reconstruction après les guerres mondiales radicalisent les débats, conférant à la presse et aux grandes expositions internationales des rôles stratégiques de diffusion des idées. Les architectes en sont les acteurs principaux. En considérant l'architecture dans toutes ses dimensions de production (édifiée, représentée, écrite et publiée), nous formulons l'hypothèse qu'elle peut être analysée comme médium (c'est-à-dire comme support d'un message) et comme média (c'est-à-dire comme vecteur de communication). Par ailleurs, nous supposons que dans le processus de publication l'architecte fabrique simultanément un imaginaire du passé et une pensée du monde moderne.

Nous identifions trois mouvements dans le processus de fabrication de cette pensée de la modernité. Dans un premier temps, nous nous intéresserons au passage de l'architecture édifiée à l'architecture représentée en interrogeant la capacité des architectes à construire des filiations historiques et/ou géographiques, notamment à partir de l'observation de l'existant. Dans un deuxième temps, nous analyserons les relations entre architecture édifiée et architecture publiée en considérant, comme Beatriz Colomina, que le média imprimé permet un « nouveau contexte de production, existant en parallèle au terrain de construction». Enfin, en étudiant le passage de l'architecture publiée à l'architecture racontée, nous interrogerons le rôle des espaces de publication dans les processus de mise en récit de l'architecture.

Afin de conduire cette étude, nous nous appuyons sur la production de l'architecte Albert Laprade (1883-1978). Acteur sur la scène architecturale moderne, il va participer également à la reconnaissance de l'architecture traditionnelle. La diversité de sa production nous permet de constituer un corpus édifié, dessiné et écrit qui s'élabore à partir de la forme publiée de son travail :

Mots-clés

relevé d'architecture, architecture vernaculaire, médium/média, imaginaire, publication architecturale, Albert Laprade

Title

Imaginary of the past and thinking in the modern world - The mediatization process in Albert Laprade's work

Abstract

In the early XXth century, the architectural debate in France seems underpinned by the opposition between the proponents of a tradition, as historical or regional transmission, and those of modernity, as a claim of tabula rasa. But if modernity “comes as a cut between past and future […], it also ensures the junction that allows the past to enrich itself and the future to remember”. Thus, tradition can be observed through its relations with tradition, as the interest in traditional or vernacular cultures amplifies simultaneously with the emergence of architectural modernity. The Phd examines the manufacturing processes that allow the architect to build an idea of architectural modernity that claims of tradition.

Reconstruction issues after the World Wars radicalized the debate, giving the press and international exhibitions a strategic role of dissemination of ideas, the architects being the main players. Considering architecture in all its production aspects (built, represented, written and published), we hypothesize that it can be analysed as a medium (that is to say, a carrier of a message) and as a media (that is to say, a communication vector). Furthermore, we assume that in the process of publishing, the architect simultaneously produces an imaginary past and a thinking of the modern world.

We identify three movements in the manufacturing process of the thought of modernity. First, we will look at the transition from built architecture to represented architecture by querying the architects ability to build historical and / or geographic affiliations, especially from the observation of the existing. Secondly, we analyse the relationship between built architecture and published architecture, considering, as Beatriz Colomina, that the print media enables a "new context of production, existing in parallel to the construction site. Finally, studying the transition of published architecture to narrated architecture, we will question the role of publication spaces in the architecture storytelling process.

To conduct this study, we rely on the production of the architect Albert Laprade (1883-1978). Player on the modern architectural scene, he participated in the recognition of traditional architecture. The diversity of its production allows us to establish a corpus, built, designed and written, that develops from the published form of his work:

Keywords

architectural statement, vernacular architecture, medium/media, imaginary, architectural publication, journals, Albert Laprade

15/01/2018 - Laurent Hodebert

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Equipe d'accueil 7445 MHA-evt.

Titre de la thèse

Henri Prost et le projet d'architecture du sol urbain, 1910-1959

Composition du jury

Résumé de la thèse

La thèse interroge le processus de conception dans l'œuvre de l'architecte-urbaniste français Henri Prost (1874-1959). Nous qualifions son travail comme "l'architecture du sol urbain", en faisant l'hypothèse qu'il s'agit de l'art de la conception des espaces urbains et des armatures territoriales par l'expression d'une culture spécifique du sol et de la manière d'y inscrire durablement les projets. L'architecture du sol urbain s'intéresse au travail sur la surface de la terre, dans la qualification du sol naturel par une opération de transformation que l'on pourrait qualifier d'architecture de la topographie urbaine. C'est une opération multiscalaire, qui va du territoire à l'objet architectural, pour préparer le sol aux usages de la société humaine à l'aide d'infrastructures, d'espaces publics et d'édifices. Elle s'intéresse aux embrayages entre les échelles, aux articulations spatiales et aux évolutions temporelles. Il s'agit alors de définir la nature du travail de Prost, afin de donner à comprendre la pensée qui est à l'œuvre dans sa pratique du projet. Dans une première partie nous abordons la formation d'une culture spécifique de l'architecture du sol, au moment historique de l'invention de l'urbanisme, entre 1890 et 1917. Pour les architectes français pionniers de l'urbanisme, elle se fait en trois étapes : l'enseignement à l'Ecole des Beaux-Arts, ensuite le séjour à la Villa Médicis à Rome avec les relevés des villes antiques, et enfin les premiers grands projets et concours internationaux. Nous analysons dans la deuxième partie un échantillon de projets emblématiques et représentatifs de la démarche de conception de Prost selon deux grandes catégories que nous qualifions de «séquences de paysage urbain» et «armatures territoriales». Les séquences sont inscrites dans le tissu urbain, on y retrouve des principes d'ouverture spatiale au grand paysage, elles contiennent de larges voies plantées, et s'articulent sur une ou plusieurs places publiques. L'espace public est qualifié et la séquence est bordée ou ponctuée par des édifices publics ou institutionnels. Les armatures territoriales sont marquées par des problématiques abordant principalement des questions de grand paysage et d'infrastructures de voirie. Pour analyser cet échantillon, nous construisons un corpus complémentaire aux dessins originaux du Fonds Prost, par la constitution d'un atlas des projets sélectionnés. Ce recueil de cartes, de coupes et de photographies aériennes permet de disposer d'une collection cohérente de supports pouvant servir comme matériau d'analyse pour chaque cas d'étude, autant que d'outil de lecture comparée. Cette procédure de redessin, qui emprunte aux savoirs faire des outils graphiques d'élaboration et de représentation du projet architectural et urbain, permet de mettre en évidence la particularité de la démarche de Prost, ainsi que les formes récurrentes de son travail, les dispositifs employés par l'architecte urbaniste et l'évaluation de l'impact de ces projets sur la forme actuelle des villes où il est intervenu. Dans la troisième partie nous explorons la pensée à l'œuvre chez Prost dans la fabrique du projet urbain et territorial. En opérant par un regard transversal sur les projets et leurs dispositifs à partir de l'analyse de l'échantillon, l'objectif est de révéler la partie cachée du travail de conception. La lecture de ce processus commencera par expliciter la nature de la culture du projet chez Henri Prost, avant de détailler la méthode et les outils qu'il met en œuvre, de l'arpentage sur les sites pour la connaissance du sol, à la qualification par le projet.

Mots-clés

Henri Prost, sol urbain, urbanisme, architecture, parkway, Ecole des Beaux Arts

Abstract

The thesis examines the design process in the work of the French architect-urbanist Henri Prost (1874-1959). One can describe his work as being "l'architecture du sol urbain", meaning that it is the art of designing urban spaces and territorial framework by the expression of a specific understanding of how one can sustainably implement projects working with the raw ground. This "Urban ground" architecture concerns itself with work on the surface of the territory, in the rendering of the natural ground by an operation of transformation which one could define as "architecture of the urban topography". It is a multi-scale process, requiring not just an understanding of the territory but also that of the architectural object, and everything in between. This process prepares the raw ground, transforming it for the uses of human society by means of infrastructures, public spaces and buildings. What is key in his work is this clear use of links between scales, the use of spatial connections and built forms. We will define the nature of Prost's projects and give an understanding of the thinking that is at work in his practice. In the first part we look at the training which led to a specific culture of 'the architecture of the territory', at the historical period when 'town planning' came into being, between 1890 and 1917. Prost was among a group of French architects and pioneers of urbanism who studied at the Ecole des Beaux-Arts, then went on to residencies at the Villa Medici during which time they surveyed Roman and Greek ancient cities before finally going on to do their first major projects and participating in international competitions. In the second part we analyse a sample of emblematic projects, representative of Prost's design approach and following two broad categories which we describe as "urban landscape sequences" and "territorial frameworks". The sequences are inscribed in the urban fabric, with spaces which reference the landscape at large, they are made up of wide planted streets and boulevards which link the public spaces. The public space is considered and is bordered or punctuated by public or institutional buildings. The territorial framework is marked by the addressing of the road infrastructure within the scale of the landscape. In order to analyse these samples we have built a body of work which takes as its starting point the original drawings held at the Prost Archives and which consists of an atlas of selected works. This collection of maps, sections and aerial photographs allows us to have a basis for the analysis of each individual case study as well as providing a tool to compare them and provides us with a coherent overview. This process of 'redrawing' makes use of modern graphic tools to represent and elaborate on the architectural and urban projects, making it possible to highlight the particularity of Prost's approach; the devices he employed and the recurrent forms in his work, as well as giving us an opportunity to evaluate the impact of his work on the current form of the cities where he intervened. In the third part we explore intellectual process in Prost's urban and territorial projects. By means of analysing particular sample projects we allow ourselves an overview whereby we can take a transverse look at the work and its devices, the objective being to reveal the hidden part of the design. By this 'reading' of the processes he used we will begin to explain the culture behind the projects of Prost. We will go on to detail his methodology; from the tools he used, such as the surveys which provided knowledge of the site, through to the transformation of the site by the project.

Keywords

Henri Prost, urban ground, town Planning, architecture, parkway, École des Beaux Arts

14/12/2017 - David Gandreau

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Equipe d'accueil 7444 AE&CC

Titre de la thèse

Patrimoine archéologique en terre et développement local - Enjeux interdisciplinaires et perspectives de formation

Composition du jury

Résumé de la thèse

Très présents sur les sites archéologiques, les vestiges d'architecture de terre suscitent un intérêt grandissant, pour la communauté scientifique, pour les autorités en charge de la protection du patrimoine, pour les populations locales et pour le grand public, amateur de tourisme culturel. De plus en plus de projets d'étude, conservation et mise en valeur des vestiges en terre sur les sites archéologiques voient le jour dans le monde, dans une perspective d'apport du patrimoine au développement local et territorial. Ces projets font appel à des compétences multiples, empruntant notamment aux disciplines de l'archéologie, de l'architecture, de la conservation, et au domaine de la valorisation patrimoniale. Des acteurs aux profils variés sont ainsi amenés à collaborer sur des projets à la fois plus nombreux et plus complexes, intégrant les apports et attentes de parties prenantes très diversifiées, dans une approche holistique et contextualisée de gestion du patrimoine (Agnew et Bridgland 2006).

Les modalités de ces nouvelles collaborations sont étudiées en profondeur dans cette thèse, afin d'analyser les enjeux interdisciplinaires et les enjeux de formation qui en résultent. Nous faisons l'hypothèse que les rapprochements entre les différents acteurs concernés par le patrimoine archéologique génèrent des perspectives de formations plus spécifiques, voire l'émergence de nouveaux métiers au carrefour des disciplines, qui seraient en mesure de mieux répondre aux attentes actuelles vis-à-vis de ce patrimoine.

La recherche est fondée sur des enquêtes de terrain et des rencontres d'acteurs menées sur le long terme (quinze années d'exercice scientifique et professionnel), sur cinq sites principaux et douze sites de référence, principalement en Asie, mais aussi en Afrique et en Amérique Latine. Une grille d'analyse permet de confronter les pratiques observées sur ces terrains d'étude aux recommandations internationales en termes d'étude, conservation et valorisation du patrimoine archéologique en terre. Ces recommandations sont issues d'un corpus composé de publications de référence, de chartes et déclarations internationales, de conférences sur l'architecture de terre et de programmes internationaux sur cette thématique. Les résultats de l'analyse comparative nous amènent à faire des propositions méthodologiques et à énoncer des lignes directrices de programmes de formations plus spécifiques. Nous souhaitons ainsi contribuer aux dynamiques de recherche et d'enseignement qui se mettent en place autour du patrimoine archéologique en terre et de son apport au développement local.

Mots-clés

Architecture de terre, patrimoine culturel, archéologie, histoire, conservation du patrimoine, valorisation, développement local, territoire, tourisme, interdisciplinarité, formation

Title

Earthen archaeological heritage and local development interdisciplinary challenges and training perspectives

Abstract

Very present on archaeological sites, the vestiges of earthen architecture are arousing a growing interest, for the scientific community, for the authorities in charge of heritage protection, for the local populations and for the general public, fan of cultural tourism. More and more projects for study, conservation and enhancement of earthen architecture in archaeological context are emerging in the world, with a view to contributing to local and territorial development. These projects involve multiple skills, borrowing in particular from the disciplines of archeology, of architecture, of heritage conservation, and from the field of heritage valorisation. Specialists in each field are invited to collaborate on projects that are more numerous and more complex, integrating the inputs and expectations of very diverse stakeholders, in a holistic and contextualized approach to heritage management (Agnew, Bridgland 2006).

The conditions governing these new collaborations are studied in depth in this thesis, in order to analyze the interdisciplinary challenges and the resulting training issues. We make the hypothesis that the links between the various actors involved in the archaeological heritage generate more specific training prospects, and even the emergence of new trades at the crossroads and interfaces of the disciplines, which would better meet current expectations with regard to this heritage.

The research is based on field surveys and stakeholder meetings realized over the long term (fifteen years of scientific and professional practice), at five main sites and twelve reference sites, mainly in Asia, but also in Africa and in Latin America. An analysis grid allows to compare the practices observed on the field with the international recommendations in terms of study, conservation and valorisation of the archaeological heritage built with earth. These recommendations are based on a corpus of reference publications, international charters and declarations, conferences on earthen architecture and international programs on this theme. The results of the comparative analysis lead us to make methodological proposals and to formulate guidelines for more specific training programs. In this way, we wish to contribute to the new research and training dynamics that are set up around the earthen archaeological heritage and its contribution to local development.

Keywords

Earthen architecture, cultural heritage, archaeology, history, heritage conservation, heritage valorisation, local development, territory, tourism, interdisciplinarity, training

10/10/2017 - Ivan Mazel

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Equipe d'accueil 7444 AE&CC

Titre de la thèse

Habitation écologique et dispersion bâtie - Les "habitats alternatifs" comme expérimentations pour des transitions socio-écologiques en territoires de moyenne montagne

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Cette thèse interroge les mutations de l'habitation dans le cadre des transitions socio-écologiques. Ces transitions sont des processus de mutations des sociétés qui visent à diminuer leur empreinte écologique et s'initient par des expérimentations en marge du système productif, appelées niches de transitions. Ce travail s'intéresse ainsi à des dynamiques marginales de la production de l'habitat et de l'urbanisation. Il porte sur des "habitats alternatifs" où les futurs habitants sont impliqués à travers l'autopromotion ou leur participation à des projets de pouvoirs publics. Ces habitats sont situés en marge du phénomène d'urbanisation, dans les territoires ruraux de moyenne montagne. En effet, dans ces territoires, de nouvelles ruralités ont émergé à travers l'arrivée de nouveaux habitants soutenue par des structures associatives et favorisée par des politiques publiques de développement des collectivités locales et des Parcs naturels régionaux. J'interroge ainsi dans ce travail la mise en place de l'habitation écologique dans les territoires ruraux de moyenne montagne dans le cadre des transitions socio-écologiques.

L'hypothèse générale de ce travail est la suivante : les projets d'"habitat alternatif" sont le lieu privilégié de l'expérimentation de l'habitation écologique dans les territoires ruraux de moyenne montagne. Je propose ainsi de vérifier cette hypothèse par une approche globale des projets d'"habitat alternatif" afin de comprendre le système d'habitation écologique mis en place. J'analyse d'abord l'articulation entre acteurs dans le processus de projet et l'utilisation des ressources matérielles, énergétiques et en eau dans la construction et l'usage de ces habitats. J'explore ensuite le déploiement des modes d'habiter dans l'organisation de l'habitat et dans l'espace local par les mobilités. Aborder différents types d'"habitat alternatif", éco-hameaux, habitat participatif rural et éco-lotissement, permet d'abord d'interroger les mutations de l'aménagement des territoires ruraux à partir des initiatives habitantes. Par là même, je mets en évidence les articulations entre les démarches individuelles, les programmes d'accompagnement des réseaux associatifs et les politiques publiques incitatives. Ensuite, par l'approche des marges de la production de l'habitat, j'interroge la contribution des projets d'habitat alternatif à l'habitation écologique des territoires de dispersion bâtie. Je montre l'importance des stratégies collectives pour permettre une sobriété des modes de vie, une utilisation des ressources locales et une mutualisation de l'espace et des biens. Ce travail révèle ainsi une habitation écologique au sein de la dispersion bâtie qui s'appuie sur une autonomie locale et une intégration aux réseaux physiques et virtuels.

Mots clés en français

habitation écologique, dispersion bâtie, habitat alternatif, transitions socio-écologiques, territoire de moyenne montagne

Résumé de la thèse en anglais

This thesis examines the mutations of housing in the context of socio-ecological transitions. These society change processes aim to reduce ecological footprint and are initiated by experiments on the margins of the productive system, called niches of transitions. This work addresses the marginal dynamics of habitat production and urbanization. It deals with "alternative housing" where future inhabitants are involved through self-promotion housing or their participation in public authorities' projects. These housing projects are located in urbanization margins, in mid mountains rural areas. In these territories, new ruralities have indeed emerged based on the arrival of new residents supported by non-profit organizations, promoted by local government policies and Parcs naturels régionaux. In this work, I thus question the organization of ecological housing in rural areas in the context of the socio-ecological transitions.

The general hypothesis of this research is the following one: the alternative housing projects experiment ecological housing in mid mountain rural areas. I propose to test this hypothesis with a global approach to alternative housing projects in order to understand the ecological housing system organization. First, I analyze the relationship between actors in the project process, and the use of material, energy and water resources in the construction and operation of these habitats. I then explore the deployment of the ways of living in the organization of the habitat, and in the local space through the mobilities. We address different types of alternative housing, ecocommunity, rural cohousing and ecological estate, and analyze the rural planning changes from inhabitants' initiatives. In this way, I highlight the links between individual projects, support program of non-profit organizations and incentivizing public policies. Then, in the context of habitat production margins, I examine the contribution of alternative housing projects to the ecological housing of dispersedly built areas. I show the importance of collective strategies to allow a sober lifestyles, a use of local resources and mutualisation of space and goods. This work reveals an ecological housing of dispersedly built areas between based on local autonomy and integration within physical and virtual networks.

Mots clés en anglais

ecological housing, dispersed settlement, alternative housing, socioecological transitions, mid mountain territories

21/03/2017 - Olivia Germon

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil : UMR 1563 AAU - CRESSON

Titre de la thèse

Le sol urbain : un arrière-plan de l'expérience somatique des ambiances urbaines

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Le sol en tant que support de la vie urbaine est encore peu pensé par la recherche architecturale et urbaine. Dans un monde où la concurrence entre villes se joue entre autres sur la qualité des espaces publics, il est pourtant un élément essentiel des usages pédestres. Le pied le foule, l'œil le fait entrer dans l'horizon perceptif sans qu'on s'y attarde, et sans qu'une recherche approfondie nous en ait montré toutes les dimensions sensibles.

Après un rappel historique des enjeux de l'aménagement du sol urbain, nous nous penchons sur la façon dont celui-ci est très tôt intégré dans la structuration de l'expérience vécue par tout un chacun, notamment lors de l'apprentissage de la marche. Le sol est une donnée première de l'environnement et joue un rôle dans la formation de l'équilibre, du sens de la proprioception. Il participe ainsi à l'arrière-plan corporel de l'expérience, en même temps qu'il est une surface d'échanges. En matière d'architecture et d'urbanisme, nous faisons l'hypothèse que le sol fait partie du fond de l'ambiance : il contribue à l'arrière-plan ambiantal de l'expérience sensorielle des espaces publics. Pour avancer sur ces hypothèses, trois corpus sont constitués : le premier, à partir d'une écoute réactivée de vingt sons enregistrés à Paris, analyse la part du sol dans la qualité sonore de l'ambiance vécue ; le second, issu d'observations et de relevés vidéo sur deux terrains comparés à Barcelone et La Défense, permet d'évoquer les relations entre topographie et mobilité ; le troisième, issu de l'expérimentation de dix parcours commentés effectués les yeux fermés sur une partie du site de La Défense, tente d'approcher l'expérience somatique dans le rapport au sol : comment se joue la relation entre le sol et le "soma" ? Pour conclure, nous discutons les apports réciproques entre Ambiances et Somatiques, deux disciplines au cœur desquelles le sentir est exploré. Que peuvent apporter les somatiques aux ambiances en terme de méthode d'étude, du point de vue théorique et pour l'approche du projet ?

Mots clés en français

sol urbain, ambiances urbaines, somatiques, expérience sensible, corps humain

Titre de la thèse en anglais

Urban ground : a basis for the somatic experience of urban atmospheres

Résumé de la thèse en anglais

The ground as a support for urban life remains a largely understudied topic in architectural and urban research. In a world where towns compete to offer a better quality of public spaces, pedestrian use is considered as an essential aspect. Felt underfoot and seen on the perceptual horizon without being consciously considered, very little in-depth research has revealed its sentient dimensions.

After some brief historical considerations on the importance of urban ground, the study focuses on how the ground is integrated into the lived experience of our environment, beginning with how we learn to walk. The ground is a fundamental dimension and plays an essential role in keeping balance and creating a sense of proprioception. It participates as a basis for bodily experience by providing a surface of exchange. In terms of architecture and urban design, this study posits the ground as part of the ambiance as it constitutes the ambient background of the sensory experience of public spaces. In order to develop this hypothesis three case studies are considered: the first, based on a reactivated listening of twenty sounds recorded in Paris to provide an analysis of the role that the ground plays in experiencing the ambiance; the second, a comparative set of observations and video recordings taken in two sites in Barcelona and La Défense in Paris; the third, is based on ten blind-folded commented walks carried out at La Défense. It tries to examine what the somatic experience of the ground entails, how does the relationship between the ground and the "soma" take place? In conclusion, the reciprocal contributions of Ambiances and Somatics are considered in relation to this material as we ask what new theoretical approaches these disciplines can provide in exploring body experience.

Mots clés en anglais

urban ground, urban ambiances, somatics, sentient experience, human body

16/03/2017 - Toumadher Ammar

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil : UMR 1563 AAU - CRESSON en cotutelle avec l'Ecole nationale d'architecture et d'urbanisme de Tunis

Titre de la thèse

Le métissage culturel comme générateur d'ambiances et de formes urbaines spécifiques : Les quartiers de Capaci Piccolo et Capaci Grandi à Sousse, à la croisée des cultures ambiantales et urbaines italienne, française et tunisienne

Composition du jury

Résumé de la thèse

La colonisation et l'immigration créent des espaces dits de l'entre-deux, des "espaces in-between", où les limites et les frontières entre identités et cultures sont remises en question, où sont générés de multiples métissages. Dans le cadre de notre recherche nous nous sommes intéressé plus particulièrement à deux quartiers situés en Tunisie, dans la ville de Sousse, dont les noms sont Gabadgi El Foukani et Gabadgi Loutani , ou en sicilien "Capaci Supra e Capaci Jusu". Ces deux quartiers portent le nom d'une localité sicilienne, Capaci. Le plus intéressant des faits est que ces lieux ont été construits et occupés par des populations mélangées, majoritairement siciliennes issues de l'immigration. Mais il y avait aussi d'autres communautés bien diversifiées du point de vue des nationalités et des croyances. Ces quartiers ont ensuite été progressivement réinvestis par une population exclusivement tunisienne. Le contexte historique et social de ces quartiers, nous a conduit à porter notre attention sur la relation entre les ambiances, l'espace public urbain et la notion de métissage. La vérification de l'hypothèse d'une persistance de caractéristiques ambiantales spécifiques constitue un réel enjeu scientifique pour cette recherche. Nous avons choisi la notion de métissage plus qu'une autre forme de mélange étant donné qu'elle se présente comme une pensée temporelle. Nous avons par conséquent été mené à interroger les ambiances des quartiers en appréhendant le métissage comme devenir, comme processus de transformation né de la rencontre de l'autre, mais aussi comme une expérience intériorisée vécue dans la durée. Notre méthodologie de travail s'est déployée selon trois mouvements, qui se sont croisés et enrichis mutuellement : observer et raconter, décrire, expérimenter. Les deux premières phases se sont plus concentrées sur le terrain, la troisième s'est présentée sous la forme d'une expérimentation développée sous l'égide d'une installation-projection.

Mots clés

ambiance, Mmétissage, espace public, interaction, devenir, temporalité

17/01/2017 - Charline Sowa

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Thèse préparée au sein de l'équipe d'accueil 7445 MHA-evt.

Titre de la thèse

Penser la ville en décroissance : pour une autre fabrique urbaine au XXIe siècle.
Regard croisé à partir de six démarches de projet en France, en Allemagne et aux Etats-Unis.

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Dans le cadre de la recherche, nous nous intéressons à la pratique du projet urbain dans les villes en décroissance (ou ville rétrécissante), plus connues sous le terme anglophone de shrinking cities. Cet intérêt est né d'un questionnement plus large sur la pratique de l'architecte-urbaniste et la fabrique de la ville en ce début du XXIe siècle, où les débats se multiplient sur la ville résiliante, économe, autosuffisante face aux crises écologiques, socio- économiques et politiques actuelles. La ville en décroissance offre ainsi un cadre intéressant pour nous confronter à cette problématique où l'architecte-urbaniste se retrouve à devoir s'adapter et se réinventer face à de multiples contraintes. Par ailleurs, le programme allemand Shrinking Cities et les réflexions portées par l'architecte-chercheur allemand Philipp Oswalt ont été un élément déclencheur. Ce dernier revendiquait l'idée que la ville en décroissance était le nouveau terrain de jeu pour explorer de nouvelles pensées architecturales et urbanistiques. Il le démontre à partir d'un travail de collecte d'expériences à travers le monde.

Aujourd'hui, nous proposons de poursuivre cette réflexion et de nous poser la question suivante: quels enseignements pouvons-nous tirer de ces expériences pour notre pratique et imaginer la ville de demain ? À partir de ce questionnement, nous faisons l'hypothèse que ces nouvelles pensées architecturales et urbaines (concepts, langages architecturaux, formes urbaines, etc.) participeraient à la formulation de nouvelles formes d'habiter les territoires (usages, modèles urbains, paysage, modes de vie, etc.), permettant d'envisager différemment la fabrique urbaine en ce début du XXIe siècle. Ces démarches seraient par ailleurs actrices dans la reconnaissance de terrains favorables pour une gestion urbaine raisonnée et dans le développement de nouveaux outils et protocoles d'action imaginés par les architecte-urbanistes.

Pour répondre à notre hypothèse de recherche, nous nous intéressons plus spécifiquement aux projets impulsant une mutation profonde du tissu urbain, dans sa forme comme dans ses usages que nous nommons ici par remodelage urbain. Notre analyse se base sur six démarches dites "innovantes", théoriques et réalisées, dont un cas est mis en œuvre par des habitants. Elles illustrent cette pratique dans différentes villes en décroissance depuis ces vingt dernières années. Ces cas d'étude sont situés dans des tissus urbains différents (habitat dense en centre-ville et dans les bourgs ruraux, grands ensembles, habitat pavillonnaire) pour montrer la diversité des terrains auxquels l'architecte-urbaniste peut être confronté. Parallèlement aux deux cas français (Saint-Étienne, Livradois-Forez), nous observerons d'autres expériences dans deux contextes étrangers, précurseurs en termes d'initiatives locales et de politiques urbaines : l'Allemagne (Halle- Neustadt, Dessau) et les États-Unis (Detroit). La diversité des approches et des échelles de réflexion de ces projets ne permet pas de conduire une étude comparative. Plus adaptée à notre démarche, nous proposons leur mise en discussion pour comprendre l'impact du cadre politique, socio-économique et de l'environnement urbain sur le processus de projet ainsi que la capacité de ces projets à amorcer une transformation du tissu urbain et de la ville.

Notre objectif sera ainsi de comprendre l'originalité et les spécificités de ces démarches, mais aussi leurs apports potentiels dans les débats actuels sur la ville et ses évolutions. Cette démarche cherche à apporter une dimension prospective sur le sujet de la ville en décroissance.

Mots clés en français

décroissance urbaine, projet urbain, processus urbain, morphologie urbaine, architecte-urbaniste, France-Allemagne-Etats-Unis

Titre de la thèse en anglais

To think the shrinking city: toward a new making of the city the XXIst century. Overview of six project processes in France, Germany and in the United States of America.

Résumé de la thèse en anglais

Within the methodological framework of the academic research, this study focuses on the urban development specific to shrinking cities. This interest raised from a broader interrogation on the professional practice of urban architects and the making of the city ongoing in this early XXIth century, with regards to contemporary debates about cities that are resilient, economical, self sufficient toward ecological, socio-economical and political crises. The shrinking city offers thus an interesting framework to study architects-urban planners reactions to such contexts and constraints adaptation. Furthermore the German programm Shrinking Cities and the reflexions raised by the German architect and researcher Philipp Oswalt have been a trigger component. He claims that the shrinking city was a new playground to explore new architectural and planning thoughts. He demonstrates it from a gathering of experiences around the world. Today, we suggest to follow this reflexion and raise the following issue: which lessons are to be learned from those experiences for today's professional practice and imagine the city of tomorrow ?From this initial questioning, we took for granted that those new ways of seeing architecture and urban project (concepts, architectural languages, urban shape, etc.) lead to new leaving standards territories (uses, urban patterns, landscape, leaving conditions, etc.), changing thus the making of the city in this beginning of XXIth century. Indeed, those processes would be influential in the identification of favourable lands for a reasoned gestion of the city and the development of new tools and acting processes imagined by architects and urban planners.

To answer to our hypothesis, we focus more specifically on projects initiating a deep mutation of the urban fabric, on its form and its uses that we would call here urban reshaping. Our analysis is based on six processes meant to be "innovative", realized or no, one of them being built by inhabitants. They illustrate this practice in different shrinking cities since the 20 past years. By urban reshaping, we mean the simultaneous process of deconstruction/ construction of the system of plots, buildings and uses impacting the urban shape and urban landscape. This term refers to the concept of architect Roland Castro and Sophie Denissof suggesting this process in a positive way. We will explore then the process of urban reshaping, as a generator of new spatial qualities and of new leaving ways of those territories in decline. It would participate thus to the adaptation and the resilience of the urban fabric in front of new demographic stakes and real occupation of the space by the inhabitants and the activities; the management of the vacancy and freed spaces; the redefinition of the urban environment to make it liveable and habitable for the population left. Those case studies are located in different urban fabrics contexts to illustrate the diversity of situations that one can be facing. In parallel of two French case studies (Saint-Etienne, Livradois-Forez), we will observe other experiences in two foreign contexts, pioneers in terms of local initiatives and urban policy: Germany (Halle-Neustadt, Dessau) and the United states (Detroit). The diversity of projects, in terms of approach and scale does not constitute a comparative study. We suggest instead a more relevant approach consisting in questioning them to understand the political, socioeconomic and environment consequences on the process of project making and the capacity of those projects to initiate a transformation of urban fabric and of the city.

Our goal will be to understand the originality and specifies of those initiatives, but also potential contributions to the contemporary debates on the city and its evolutions. This approach seeks bringing a prospective dimension about the shrinking city.

Mots clés en anglais

urban shrinkage, urban project, urban morphology, urban reshaping, architect-urban planner, France, Germany, United-States

15/12/2016 - Ons Sassi

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Thèse préparée au sein de l'équipe d'accueil 7444 AE&CC en cotutelle avec la faculté des Sciences Humaines et Sociales de l'Université de Tunis.

Titre de la thèse

L'habitat traditionnel en Tunisie : spécificités, usages et devenir. Le cas de la ville de Kairouan.

Composition du jury

Résumé de thèse en français

Cette recherche doctorale soulève la problématique de conservation et d'intégration de l'habitat traditionnel en Tunisie et sur Kairouan. Il s'agit de mettre en valeur les spécificités de ce patrimoine mondial en péril, d'explorer les facteurs qui ont induit sa dégradation, et de s'interroger sur son avenir face aux enjeux du développement, aux changements des modes de vie et face à la modernisation. En effet, la préservation des valeurs culturelles, sociales, économiques et historiques ainsi que l'adaptation de cet héritage patrimonial, exposé à un haut risque de dégradation, aux exigences de la vie moderne, constituent aujourd'hui un défi majeur.

La situation de l'habitat traditionnel kairouanais, est ainsi explorée à travers l'élaboration d'un corpus diversifié, jugé nécessaire pour mener à bien cette recherche à savoir le diagnostic, l'analyse AFOM, l'état des lieux ainsi que l'enquête de terrain (questionnaires et entretiens) auprès des habitants, responsables et experts de la gestion de l'habitat traditionnel en Tunisie. Une lecture croisée de ces outils méthodologiques, permet, entre autres, de mettre en lumière l'état de ce bâti, et de réfléchir sur les conditions qu'il conviendrait de réunir pour faire en sorte que les décideurs, acteurs locaux et habitants s'intéressent à ce patrimoine et le prennent en main dans un cadre d'accompagnement politique, économique, social et financier.

L'objectif de ce travail de thèse est donc d'étudier l'habitat traditionnel de la ville de Kairouan, dans tous ses aspects (urbain, architectural et social, etc.), de comprendre les causes de sa dégradation et de proposer, dans un contexte national et local spécifique, les conditions et les outils stratégiques à mettre en place afin de garantir une meilleure gestion de cet habitat, dans une approche intégrée et participative, afin d'aider à une fixation des habitants dans leur milieu de réference. Ce travail de recherche ainsi que les potentialités et les perspectives qu'il envisage, se veut une contribution à une meilleure connaissance de l'espace médinal oublié et marginalisé de la ville de Kairouan, notamment l'habitat traditionnel, un appel à un vrai débat et une véritable concertation entre tous les acteurs du patrimoine en Tunisie et une vraie mobilisation de toutes les catégories de la société pour se doter des moyens et des instruments nécessaires à sa sauvegarde.

Par ailleurs, cette recherche vise à mettre en place une méthode d'analyse et d'action ayant pour objectif de contribuer à améliorer la situation de ce patrimoine et ce, à travers l'élaboration d'une grille d'analyse spécifique au contexte et aux enjeux locaux qui servira par la suite aux acteurs pour agir dans la bonne direction et de prendre en charge ce patrimoine, toute en revitalisant l'habitat traditionnel, en tant que patrimoine évolutif, pour l'adapter aux enjeux du développement durable.

Mots clés en français

Habitat traditionnel, Patrimoine architectural, Ville de Kairouan, Ville de Tunis, Médina, Devenir

Titre de la thèse en anglais

Traditional housing in Tunisia : specificities, uses and future. The case of the city of Kairouan.

Résumé de thèse en anglais

This PhD research raises the issue of conservation and integration of traditional housing in Tunisia and Kairouan. It showcases the specificities of this world heritage currently in danger, exploring the factors that have led to its degradation, wondering about its future in front of the development issues, lifestyle changes and modernization. Indeed, the preservation of cultural, social, economic and historical values and the adaptation of this heritage legacy, exposed to a high risk of degradation, the demands of modern life, constitute today a major challenge.

The situation of traditional housing in Kairouan, thus explored through the elaboration of a diversified corpus, considered necessary to carry out this research such as the diagnosis, the SWOT analysis, the site investigation (surveys and interviews) with locals, officials and experts. A cross-reading of these methodological tools allows to highlight the state of this build and reflect upon the conditions it should meet to ensure that policy makers, local actors and peoples interest in this heritage and take it in hand, in a political, economic, social and financial support framework. The objective of this thesis is to study the traditional housing of the city of Kairouan in all its aspects (urban, architectural and social, etc.) to understand its degradation causes and to propose in a specific national and local context the conditions and strategic tools to ensure better housing management in an integrated and participatory approach, in order to encourage the population to settle down in their reference environment.

This research, in view of the potentialities and prospects it offers, is a contribution to a better knowledge of the forgotten and marginalised medinal area of the city of Kairouan, including the traditional housing, a call for a real debate and a genuine collaboration between all heritage actors in Tunisia to increase mobilization of all sections of society in order to provide the necessary means and tools for its conservation.

Furthermore, this research aims to establish a method of analysis and action devised to improve this current heritage situation, through the development of an analysis grid, specific to the local context issues which will be used later for actors in order to proceed in the right direction and preserve this heritage, while revitalizing the traditional housing, as evolutive heritage, to be adapted to the sustainable development challenges.

Mots clés en anglais

Traditional housing, Architectural Heritage, City of Kairouan, City of Tunis, Medina, Future

09/12/2016 - Mouna Zairi

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil : UMR 1563 AAU - CRESSON en cotutelle avec l'École Nationale d'Architecture et d'Urbanisme (ENAU) de l'université de Carthage

Titre de la thèse

L'ambiance comme enjeu politique dans l'espace public de Tunis lors du processus révolutionnaire

Composition du jury

Résumé de thèse en français

Cette recherche questionne le partage de l'ambiance urbaine par le biais du climat politique. Menée tout au long d'une période exceptionnelle de l'histoire de la Tunisie, elle interroge l'impact de la révolution tunisienne sur le partage du sensible dans l'espace public urbain.

Ce travail repose sur l'hypothèse qu'il y a une mutation ambiantale, engendrée par le processus révolutionnaire, qui s'opère dans l'espace public urbain de Tunis et dont découle de manière sous- jacente un nouveau partage du sensible. Une question fondamentale se pose alors: Quel rôle joue la situation politique dans la définition et la caractérisation de ce nouveau partage su sensible ?

Pour répondre à cette interrogation, nous avons mis en place une méthodologie pluridisciplinaire (approche sensible et qualitative in situ tel que le parcours commenté, la réactivation par l'image,… et une documentation bibliographique sous divers formats tels que les documentaires, les films, les journaux, les ouvrages,…) appliquée à des tissus urbains aux configurations spatiales et aux compositions sociales différentes, mais tous situés dans le Grand Tunis.

Au terme de cette recherche, nous avons pu relever une territorialisation des comportements urbains où le facteur politique intervient directement pour définir autant le domaine du permissif que de l'interdit dans l'espace public.

Ainsi, l'ambiance urbaine n'est pas seulement témoin d'un bouleversement politique, elle en est aussi le porteur et l'enjeu. En mettant au jour ce qui est possible de faire ou de ne pas faire dans l'espace public, elle devient l'objet de la lutte politique.

Mots clés en français

ambiance urbaine, politique, partage, sensible, révolution

Titre de la thèse en anglais

The atmosphere as a political issue in the public space of Tunis in the revolutionary process

Résumé de thèse en anglais

This research questions the sharing of urban atmosphere through the political climate. Conducted throughout an exceptional period in the history of Tunisia, it questions the impact of the Tunisian revolution on sharing of sensitivity in urban public space.

This work relies on the assumption that there is a mutation in the urban atmosphere, caused by the revolutionary process taking place in the urban public space of Tunis, which follows sounder lying a new distribution of the sensitive. A fundamental question arises: What role has the political situation in the definition and the characterization of this new sharing of sensitive?

To answer this question, we have set up a multidisciplinary methodology (qualitative and sensitive approach in situ as the course commented, reactivation by the image ... and bibliographic documentation in various formats such as documentaries, movies, newspapers, books, ...) applied to urban space with different features and different social compositions, but all located in the Greater Tunis.

After this research, we were able to identify a regionalization of urban behavior where the political factor intervenes directly to define as the field of permissive than the forbidden in public space.

Thus, the urban atmosphere is not only witnessed in political upheaval, it is also the carrier and the challenge. By uncovering what is possible to do or not to do in public space, it becomes the object of political struggle.

Mots clés en anglais

urban atmosphere, politic, sharing, sensitive, revolution

23/09/2016 - Rémy Vigneron

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil : Cultures Constructives / unité AE&CC

Titre de la thèse

Formes et enjeux sociotechniques du périurbain durable : comparaison de Bimby et du New Urbanism

Composition du jury

Résumé de thèse en français

Dans ce travail nous cherchons à comprendre comment les conditions de projet du renouvellement périurbain modifient les structures de la production de l'habitat périurbain. Le développement durable qui a progressivement gagné toutes les sphères de l'action publique s'attache plus récemment à reconsidérer les modèles de développement d'habitat du périurbain. Dans ce contexte, nous comparons deux pratiques professionnelles récentes, française et américaine, qui reconfigurent le système de production de l'habitat périurbain. Pour mettre cette reconfiguration en évidence nous déployons une réflexion en trois temps. D'abord, nous constatons que ces deux pratiques entrainent une évolution effective des formes urbaines et architecturales. Au prisme de la notion de transition, introduite par la théorie des systèmes sociotechniques, nous montrons qu'au-delà de l'évolution typomorphologique constatée, les logiques de projet de Bimby et du New Urbanism sous-tendent l'implication d'un pluralisme d'acteurs bénéfique. Ensuite, nous présentons et analysons les processus de design charrette et de micro-conception par lesquels les deux pratiques étudiées visent à répondre aux besoins d'une collectivité locale en impliquant une variété d'acteurs. Dans cette partie nous évaluons le degré d'influence des participants sur l'évolution des formes constatée plus tôt. Enfin, par la comparaison nous caractérisons des logiques de projet, des logiques de contrôle ainsi que des figures de l'appropriation par lesquelles le jeu d'acteurs que nous mettons en évidence poursuit une vision durable du périurbain. Nous précisons également les définitions de la co-conception et de la coproduction comme des approches de la médiation situées en amont et en aval des structures de production classiques. Les résultats de cette recherche contiennent plus particulièrement la modélisation des logiques de projet de Bimby et du New Urbanism, la modélisation du système de production de l'habitat périurbain durable, et la modélisation du renouvellement périurbain.

Mots clés en français

périurbain durable, micro-conception, co-conception, coproduction, design charette, New Urbanism

Titre de la thèse en anglais

Sustainable suburban forms and socio-technical issues: a comparison between Bimby and New Urbanism

Résumé de thèse en anglais

This doctoral research aims to understand how different priorities and actions in the process of suburban renewal can change the ways suburbs are built. Sustainable development, which has increasingly gained acceptance in various venues of public thought and action, has recently entailed the reconsideration of suburban models. In this context, we compare two recent professional practices from France and the United States — Bimby and New Urbanism — that reconfigure the ways suburbs are designed and built. To substantiate this premise we have organized our demonstration in three steps. First, we observe that these two professional practices lead to an effective evolution of urban and architectural forms, and through the sociotechnical lens that examines the interaction between the structures of society and the human behavior of the residents we show that beyond this evolution of urban types and patterns, Bimby and New Urbanism both require a diversity of stakeholders that is beneficial to the design and delivery of an urban project. Then, we present and analyze both processes of the design charrette and micro-conception through which New Urbanism and Bimby expect to formulate better solutions, according to the needs of public and private stakeholders and participants. This enables us to evaluate the level of influence of participants on the whole project. Finally, the comparison allows us to characterize the concepts, processes and delivery mechanisms through which the stakeholders involved can create and follow a sustainable vision of suburban developments. We explain the meanings of specialist terms such as co-conception and coproduction as ways of involving diverse groups of stakeholders and residents before, during and after the conventional systems of suburban development. Our results more specifically include the conceptual models of Bimby and the New Urbanism, as models of sustainable suburb production and of suburban renewal.

Mots clés en anglais

suburban,socio-technical,sustainable development,typomorphology

30/06/2016 - Eleonor Bak

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil : UMR 1563 AAU - CRESSON

Titre de la thèse

Habiter l'in-vu, Formes de visualisations sonores

Composition du jury

Résumé de thèse en français

Le paysage sonore relève de la discrétion. L'écoute est une expérience solitaire dont le raffinement potentiel reste difficile à cerner par le langage, contaminé par l'image. Il existerait pourtant des formes de visualisations sonores dans l'art, qui nous permettraient paradoxalement d'aller au plus près des nuances de l'écoute et de révéler des aspects in-vus du paysage. Oubliés, inconscients, peu ou non encore repérées, mais non muets pour cela, ils participeraient à notre habiter. L'expérimentation constructive, c'est-à-dire l'écouter renforcé par un modus operandi spécifique, "la plongée", sorte de technique de chute, progressivement réelle, virtuelle autorisant des ajustements posturaux très fins, et le représenter quasi aveuglément, nous aiderait à les retrouver. La visualisation sonore opèrerait d'abord comme un outil de médiation. Parce qu'elle jongle délibérément avec la multi-sensorialité, elle permettrait de distinguer entre ce qui est donné à voir (figure) et ce qui est donné à vivre (fond). Elle fonctionnerait ensuite comme un support d'analyse, qui nous permettrait d'examiner l'action in situ in vivo d'un corps qui non se représente, mais qui trace pour mieux s'inscrire dans le mouvement. Doté d'une haute réceptivité et créativité, il serait capable d'assimiler le jeu d'une playing aura toujours plus actuelle par la convolution des gestes corporels (postures d'écoute, gestes plastiques) et ambiants (le "déjà là" sans qu'on en ait forcément conscience : les effets de la forme construite, les effets climatiques, culturels et sémantiques). Le mouvoir ensemble des corps et corporéités se densifierait momentanément sous forme de nœuds. L'organisation discrète, néanmoins concrète de ces figures de synthèse des transitions, de ces sommes, esthétiques, sensibles et intensives, que nous appellerons aussi des "motifs" de l'écoute, serait typique. Nos modes exploratoires et de restitution nous appendraient à les lire. Cela nous permettrait non seulement de nous comprendre en tant qu'êtres parmi des créatures tempérées, mais de découvrir un paysage simultanément guide et conséquence, dont l'habiter/construire se déclarerait dans et par son architecturation élastique, poreuse et à pouvoir intime. Nous serions alors en mesure d'opérer un bougé d'apparence du paysage. Nous examinerons l'ensemble de ces expériences à l'aide de notre corpus premier (d'origine artistique), tout en les raisonnant à l'aide de critères d'évaluation mixtes (Art, Architecture). Nous vérifierons nos modes d'exploration et de restitution à l'aide d'examens cognitifs. Nous les réfléchirons encore à travers des arguments phénoménologiques et philosophiques. Nous-nous intéresserons ensuite aux environnements artificiels. Nous pensons en effet qu'ils interviennent dans la texture de nos expériences. Comme elles instaurent des gestuelles normées qui assistent de plus en plus nos actes contemporains d'habiter/construire, elles méritent d'être évaluées. Tout en nous appuyant ici sur notre corpus second, qui se compose d'enquêtes auprès d'autres sujets percevants, nous analyserons les conséquences d'une telle incarcération technologique des gestes et plus précisément le comment elle interfère avec nos perceptions et nos représentations. Nous examinerons également des interfaces sensoriellement et gestuellement enrichies. Nous y étudierons les étiquettes, les décalages et les handicaps culturels. Nous réfléchirons enfin sur l'incorporation de nos mesures à l'intérieur des outils et maquettages existants. Nos modes d'exploration et de restitution s'illustreraient comme des auxiliaires de l'écoute sensible, qui deviendrait communément partageable. Instruments-mêmes d'une linguistique de l'in-vu, dont le spontané sophistiqué nous aiderait de nous mettre à la place de l'autre, ils permettraient de créer des connexions, de partager et de croiser nos idées, de faire évoluer nos interconnaissances et de concevoir des constructions collaboratives.

Mots clés en français

habiter, construire, environnements naturels et artificiels, gestes corporels et ambiants, visualisation sonore, expérimentation, modélisation, techniques, technologies, outils, interfaces, art, architecture, cultures, médiation, langage

Titre de la thèse en anglais

Reside in the un-viewen, kinds of sound visualisations

Résumé de thèse en anglais

Soundscape noticed to discretion. Hearing is a solitary experience whose potential refinement remains difficult to surround by language because its visual contamination. There exist yet kinds of sound visualisations in art, which would paradoxically permit us to approach very close nuances of hearing and to wander to un-viewed aspects of landscape. Forgotten, unconscious, but not mute at all, they are a part in our living and constructing activities. The constructive experimentation, which means the action of hearing reinforced by a specific modus operandi, a kind of falling, called "the plunge" and the quasi blind representing, could help us to discover them again. This technique, gradually real, virtual would complete the experience by finely postural adjustments. The sound visualisation operates here first as a tool for mediation. Wilful juggling with multisensory generated meaning it permits us not only to distinguish both which is given to see (figure) and to live (fond, substance), but also to discover the action of a body which is not representing it-self but tracing in the aim of better inscription into the movement. By virtue of high receptivity and creativity this body would be able to assimilate a playing aura which means the main present, conscious and unconscious, always topical because of the convolution of bodily gestures (listening poses, plastic expressions) and ambient gestures (the yet there, not automatically conscious: the acoustic, climatic, cultural and semantic effects). The moving together of bodies and body like beings would momentarily become denser and shaping knots. The discreet nevertheless concrete organisation of these synthetic figures of transitions, of this aesthetic, sensory and intensive summary, which we call even listening patterns, in the sense of motif, is typical. Our exploration and reproduction modes would help us to learn to interpret them. From then, we would not only understand us as beings among other tempered creatures, but also discover a landscape simultaneously guide and consequence, whose elastic, porous and intimate proceedings and values of living/constructing would make us able to carry out a fade of landscape appearance. We will study all these experiences through our principal corpus (artistic one). We will argue them by mixed evaluations (artistic, architectural ones). We will verify our exploration and restitution modes by cognitive exams. We will think about them by phenomenological and philosophical reasoning. After this we wont become interested by artificial environments. We think in fact that they intervene in the texture of our experience. As they institute normed gestures, which assist more and more frequently our contemporary living/constructing acts they need to be gauged. Leaning on our secondary corpus, which is composed by investigations with other perceiving subjects, we will analyse the consequences of this kind of technological imprisonment of the gestures and precisely the how they interfere with our perceptions and representations. We will also examine gestural and sensory enriched interfaces. The sound visualisation would help us to make etiquettes, shifts and handicaps clear, to think about incorporation of our measurements into the existing tools and models. Our exploration and restitution modes would make us more attentive for sensible aspects of listening, which would become a common divisible. Linguistic instruments of the un-viewen whose sophisticate spontaneous would help us to set to the place of our next neighbour they would permit us to create connexions, to divide up and to cross our ideas, to mature our mutual knowledge and to conceive collaborative constructions.

Mots clés en anglais

reside, constructing, natural and artificial environments, bodily and ambient gestures, sound visualisation, experimentation, modelisation, techniques, technologies, tools, interfaces, art, architecture, cultures, mediation, language

13/06/2016 - Pascaline Thiollière

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Spécialité : architecture

Laboratoire d'accueil : UMR 1563 AAU - CRESSON

Titre de la thèse

L'urbain et la mort: ambiances d'une relation

Composition du jury

Résumé de thèse en français

La ritualité funéraire est en France depuis le tournant du 21ème siècle en profonde transformation, ce qui interroge fortement la relation entre la ville et la mort. Un certain rejet du cimetière standardisé et de ses contraintes s'exprime par le recours toujours plus fréquent à la crémation et à la dispersion. La matérialité de la cendre amène à une dématérialisation et une localisation plus diffuse des morts. Celles-ci sont renforcées par l'usage croissant de supports numériques (page mémorial, réseaux sociaux, cimetières virtuels) qui ouvrent de nouveaux espaces-temps pour l'entretien de la relation aux morts et participent à redéfinir la spatialité du deuil. En outre, les considérations écologiques se révèlent aujourd'hui structurantes et bouleversent le domaine du funéraire tant au niveau pratique qu'au niveau des représentations.

Nous faisons l'hypothèse que le tissage de notre relation aux morts passe par le corps, par ses mouvements et ses gestes qui matérialisent et donnent une ambiance à cette relation. Ainsi, à partir de cette approche sensible des ambiances, les dispositifs construits et paysagers sont appréhendés comme des mises en condition spatiales, temporelles, mais aussi corporelles, qui participent à la construction de la relation à la mort et aux morts et façonnent en partie le vécu intime du deuil. Les seuils, les rythmes et les gestes en jeu dans l'espace urbain sont des leviers pour la connaissance et la conception des relations entre l'urbain et la mort.

En ce sens, nous identifions des intentionnalités particulièrement relevantes dans l'expérience du deuil (accompagner, entretenir, se recueillir, cheminer), qui sont mises en rapport avec les possibilités d'actions liées à l'espace construit et paysager. Ce travail permet de révéler des manques et des ressources, et ainsi, d'envisager le renouvellement des critères sur lesquels s'appuie la conception des espaces de la mort à l'échelle architecturale et urbaine.

Mots clés en français

cimetières, espace public, espace intime, deuil, seuils, mises en geste

Résumé de thèse en anglais

Since the turn of the 21st century, the funeral rituality in France undergoes a profound transformation that strongly questions the relationship between death and the city. The more frequent practices of cremation and ashes scattering express a rejection of cemeteries standardisation and constraints. The materiality of the ash leads to dematerialisation and more diffuse localisation of the dead. These are reinforced by the increasing use of digital media (memorial pages, social networks, virtual cemeteries) that open a new space-time framework for sustaining the relationship to the dead and participate in redefining the spatiality of grief. In addition, environmental considerations reveal today a new deviation in the field of funerary both in practice and at the level of representation.

We assume that weaving our relationship to the dead passes across the body, its movements and gestures that materialise that relationship while creating a special ambiance. Therefore, from this sensory approach dealing with urban ambiances, constructed and landscaped arrangements are perceived as a way for setting the conditions on spatial, temporal and bodily levels, that participate in establishing the relationship to death and the dead, and partly shape the intimate experience of mourning. Thresholds, rhythms and gestures captured in urban spaces are levers for understanding and designing the relationship between death and the city.

In this sense, we identify certain intentionalities that are particularly relevant for the experience of mourning (accompany/support, maintain/sustain, reflect/meditate, travel/progress), which are seen in the light of action possibilities related to the built and landscaped environment. This work helps to highlight the different gaps and resources, and to consider renewing the criteria upon which the design processes of spaces related to death on architectural and urban scales is based.

Mots clés en anglais

cemeteries, public space, intimate space, mourning, thresholds, gestures

04/03/2016 - Baya Benzineb

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil: Cultures Constructives / unité AE&CC

Titre de la thèse

La triade vitruvienne revisitée à travers l'exemple de l'architecture d'Hervé Tordjman. La place de l'art et de la technique dans le processus de conception architecturale.

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

La triade de Vitruve revisitée à travers l'exemple de l'architecture d'Hervé Tordjman La place de l'art et de la technique dans le processus de conception Aujourd'hui, la conception de l'architecture demeure comme à son origine, dépendante de l'interaction des trois qualités indissociables de Vitruve : firmitas, utilitas et venustas, considérées autrefois indispensables à l'acte de concevoir. L'incarnation de cette triade dans le processus créatif des concepteurs contemporains que nous avons étudiés dans le cadre de cette thèse, qu'ils soient architectes-ingénieurs-artistes, architectes-artistes ou architectes-ingénieurs, est assujettie d'une part, aux mécanismes cognitifs : le modèle et la pensée analogique ; et d'autre part aux compétences et postures de chacun. Toutefois, en dépit de ce caractère personnel du processus conceptuel, ces trois qualités qui jadis devaient être articulées par une seule personne (l'architecte), se trouvent aujourd'hui menées à l'unisson selon un processus collectif. En effet, grâce aux nouvelles technologies numériques actuelles, l'architecte et les ingénieurs sont mobilisés dans un processus dit collaboratif abolissant ainsi les frontières entre "parti" architectural et "idée constructive", architecture et construction. A travers l'analyse de l'œuvre de l'architecte parisien Hervé Tordjman (1975), il faut souligner l'importance qu'acquiert la "firmitas" dans le processus de création en s'intégrant harmonieusement avec les autres composantes (utilitas et venustas). Ainsi, le point de vue de l'auteur et de chaque acteur de la chaine de conception devient partie intégrante dans le processus. Une telle articulation collective de la trinité vitruvienne dans la pratique contemporaine du projet marque une évolution dans la façon de concevoir l'acte architectural et non une rupture.

Mots clés en français

processus de conception, architecture contemporaine, Hervé Tordjman, art et technique, triade de vitruve, modèle et pensée analogique

Résumé de la thèse en anglais

Vitruvian triad revisited through the example of the architecture of Hervé Tordjman The place of art and technique in the design process Today, the design of architecture remains as to its origin, dependent on the interaction of three inseparable qualities stated by Vitruvius: firmitas, utilitas and venustas, once considered essential to the act of conceiving. The embodiment of this triad in the creative process of contemporary designers that is the concern of this thesis, both artists-architects-engineers, architects or artists-architects-engineers, is subject on the one hand, to cognitive mechanisms: the model and analogical thinking; and secondly to individual skills and postures. However, despite this personal character of the design process, these three qualities which once had to be articulated by one person (i.e. the architect), are now conducted in unison as a collective process. Indeed, thanks to new existing digital technologies, the architect and engineers are mobilized in a process said collaborative that abolishes the boundaries between the architectural part and the constructive system that is architecture and construction. Through the analysis of the work of the Parisian architect Hervé Tordjman (1975), we must emphasize the importance acquired by the "firmitas" in the creation process by being harmoniously integrated with other components (utilitas and venustas). Thus, the author's view as well as that of each player in the design chain becomes part in the process. Such a collective articulation of the Vitruvian trinity in the contemporary practice project marks an evolution in how to design the architectural act, not a rupture.

Mots clés en anglais

process design, contemporary architecture, Hervé Tordjman, art and technique, vitruvian triad, model and analogical thinking

17/12/2015 - Armelle Le Mouëllic

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil: Métiers de l'Histoire de l'Architecture, édifices-villes-territoires (MHAevt)

Titre de la thèse

Une autre manière d'être architecte : perspectives historiques et réflexions contemporaines sur une pratique de machizukuri au sein du laboratoire de Satoh Shigeru à l'université de Waseda

Composition du jury

Résumé de la thèse

Ce détour par la pratique du machizukuri au sein du laboratoire du professeur Satoh Shigeru à l'université de Waseda apporte un autre regard sur les compétences de l'architecte. Le machizukuri s'inscrit dans le contexte particulier de la ville japonaise : sa morphologie, sa structure sociale et ses politiques urbaines. Le travail de "traduction" se poursuit par une histoire architecturale du machizukuri qui renseigne la formation d'outils et de pratiques spécifiques au sein du département d'architecture de l'université de Waseda. La thèse analyse la mobilisation de ces compétences au sein des exercices de préparation à la reconstruction dans l'arrondissement de Shinjuku conduits par le laboratoire de Satoh Shigeru et la manière dont l'architecte se positionne au sein d'un réseau d'acteurs.

Mots clés

Machizukuri, communautés, projet urbain, compétences, architectes

11/12/2015 - Irina Voda

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Laboratoire d'accueil: Cultures Constructives (unité AE&CC)

Titre de la thèse

La fluidité architecturale : histoire et actualité du concept

Composition du jury

Résumé de la thèse

La "fluidité architecturale" est un oxymore, délibérément choisi, pour mettre l'accent sur les valences de fluidité par rapport aux caractéristiques intrinsèques de l'architecture :comparée aux autres domaines artistiques (littérature, arts plastiques, danse, théâtre, cinéma, photographie, etc.), l'architecture n'est pas seulement pensée, interprétée ou illustrée, mais elle est également construite, habitée et solide. Puisque la fluidité architecturale est une métaphore et la notion de fluidité est abstraite par rapport à l'architecture, ce terme est relié, par une analogie à la mécanique des fluides, aux processus plus concrets qui peuvent être retrouvés en physique. En admettant que l'association des termes "fluide-solide" peut être confuse, la première partie de cette thèse est consacrée à définir la "fluidité" et à identifier ses racines dans l'histoire de l'architecture. La deuxième partie se concentre sur l'analyse "fluidique" d'une série de vingt projets contemporains. Cette analyse, fondée sur les discours architecturaux des concepteurs, détermine le degré de fluidité présente dans la production architecturale contemporaine et établit de nouvelles correspondances entre les différents projets.

Cette thèse constitue à la fois un travail sur un concept théorique (par l'analogie avec la mécanique des fluides) et sur une manière de représenter la pensée du projet (par l'analyse fluidique).

07/09/2015 - Olfa Nouri Bohli

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Titre de la thèse

La fabrication de l'architecture en Tunisie indépendante : une rhétorique par la référence

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Cette recherche soulève la problématique de l'évolution des références de la production architecturale savante en Tunisie indépendante entre 1956 et 2011. Il s'agit d'explorer comment, dans le cadre de la construction de l'État indépendant, une architecture est fabriquée, et dans quelles mesures elle traduit la stratégie culturelle officielle pour en devenir l'image même.

Le paysage urbain de la ville de Tunis, capitale et lieu des principaux projets initiés par l'État, est ainsi exploré dans une perspective historique interrogeant l'architecture édifiée dans le processus commande-conception-communication. La visée est de comprendre les conditions d'émergence du paysage actuel caractérisé par une forte hétérogénéité référentielle. Une lecture croisée des outils de communication de cette architecture permet, entre autres, de mettre en lumière l'apparition d'une pluralité de discours autour de cette production, lesquels participent à façonner différents imaginaires dépeignant des tunisianités architecturales contemporaines.

Mots clés en français

Tunisie indépendante, Tunis, fabrication architecturale, hétérogénéité, référents, discours, imaginaires, stratégie culturelle, patrimonialisation

Titre de la thèse en anglais

The making of architecture in independent Tunisia: a rhetoric through reference

Résumé de la thèse en anglais

The present research is about the evolution of Tunisian architecture references after independence, from 1956 to 2011. The main issue explores how an architecture was produced while building the independent State and to what extent this architecture reflects the State cultural policy.

Most of the projects initiated by the independent State are built in the country's capital. Tunis cityscape is studied from a historical standpoint and buildings are analyzed in the triple process of architectural order, design and communication. The purpose is to understand the emergence circumstances of the current referential heterogeneity. A cross reading of architecture communication resources highlighted different discourses that shape several imaginaries so to define contemporary Tunisian specificities.

Mots clés en anglais

independent Tunisia, Tunis, architectural production, heterogeneity, referents, discourse, imaginaries, cultural policy, heritage making

13/05/2015 - Guillaume Meigneux

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Titre de la thèse

Le territoire à l'épreuve du compositing - Pratiques vidéographiques et ambiances

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Cette recherche interroge les enjeux heuristiques et opérationnels de la vidéo dans la pratique de l'urbanisme. Pour ce faire, elle opère une rencontre entre la notion d'ambiances architecturales et urbaines, telle qu'elle est développée au CRESSON, et les concepts d'image-mouvement et d'image-temps développés par Deleuze. Puis elle propose de rendre cette rencontre effective dans le cadre de la pratique de l'urbanisme à travers le "compositing" numérique, technique de manipulation des images animées. L'hypothèse qui guide cette recherche est qu'il est possible de définir une image-composite capable de faire valoir et de mettre en débat des phénomènes d'ambiances spécifiques aux territoires étudiés. Cette hypothèse se formalise autour de deux corpus, le premier est issu d'une pratique artistique de la vidéo qui motiva la mise en place de ce projet de thèse, le deuxième est issu d'une pratique de la vidéo en agence d'urbanisme qui s'effectua tout au long de cette recherche. Ce travail permet de valoriser la vidéo comme support de connaissance d'un côté et comme posture de projet de l'autre. Support de connaissance, car la vidéo offre la possibilité de renouveler l'approche phénoménologique en vigueur dans le champ des ambiances par une appréhension des phénomènes sensibles dans le temps de leur actualisation. Posture de projet, car la vidéo est susceptible de reconfigurer les modalités relationnelles en œuvre dans les dynamiques d'analyse et de conception de l'espace et du territoire.

Mots clés en français

urbain, représentation, vidéo, compositing, ambiance, usages

Titre de la thèse en anglais

When compositing test territory - Urban 'ambiance' represented by using videos

Résumé de la thèse en anglais

This research questions the heuristic and operational issues of the video in the practice of urban planning. To do this, it operates a meeting between the notion of architectural and urban environments, as developed in Cresson, with image-mouvement and image-temps concepts developed by Deleuze. Then it proposes to give effect to this meeting in the practice of urban planning through digital compositing, technical handling of moving images. The hypothesis guiding this research is that it is possible to define a image-composite able to argue and to debate specific environments territories studied phenomena. This assumption is formalized around two corpus, the first comes from an artistic practice of video that motivated the development of this thesis, the second is from a practice of video in urban planning agency was carried out throughout this research. This work adds value to the video as knowledge media on one side and posture as a project of the other. Support for knowledge, because video offers the possibility of renewing the phenomenological approach in force in the atmospheres of the field by a sensitive understanding of phenomena in time of updating. Project posture, because the video is likely to reconfigure relational modalities implemented in dynamic analysis and design of the space and territory.

Mots clés en anglais

urban, ambiant, video, compositing

26/02/2015 - Elodie Chalencon

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Titre de la thèse

Les possibilités d'une densification verticale à l'île de La Réunion, De la kaz atèr à la kaz atèr anlèr

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Face au contexte particulier du territoire réunionnais, avec un climat tropical cyclonique, une surface habitable réduite de plus en plus en proie à un étalement urbain grandissant, un foncier rare et cher, des matériaux pour la plupart importés, une main d'œuvre peu qualifiée, une dépendance énergétique extérieure, une demande croissante de logements, des revenus plus bas que la moyenne nationale ainsi qu'une population qui ne cesse d'augmenter, le défi architectural à relever est de proposer de nouvelles formes d'habitat économique et écologique qui soient différentes de la kaz créole traditionnelle consommatrice d'espace tout en étant respectueuses des us et coutumes réunionnaises.

Mots clés en français

modes d'habiter, habitat, étalement urbain, densification

Titre de la thèse en anglais

The possibilities of a vertical densification for Reunion Island, from the cabin on the ground to the cabin in air

Résumé de la thèse en anglais

Facing the context of the territory of Reunion island, with its tropical and cyclonic climate, a restricted inhabiting surface that is more and more exposed to a growing urban spreading out, a rare and costly land property, building material which are mainly imported, a low-qualified man power, an outer energetic dependence, a growing demand for housing, wages that are lower than the national average and a population which never get up increasing, the architectural challenge consists in proposing new shapes of low-cost and ecological habitat that could be different from the traditional Creole cabin very consuming of space while being respectful of the ways and customs of inhabitants of Reunion.

Mots clés en anglais

ways of living, habitat, urban spreading out, densification

12/01/2015 - Halimatou Mama Awal

Ecole doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Titre de la thèse

La métropole-village(s) contemporaine de Ouagadougou - Explorer les potentiels d'un territoire, supports de processus de projet architectural

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

La ville africaine s'étale et intègre les villages environnants en devenant métropole. Que ce soit le mouvement des ruraux vers les villes ou bien de la ville vers la campagne, ces phénomènes inquiètent les spécialistes. La pensée traditionnelle du monde qui opposait ville-campagne, ville-village, ville-brousse, n'est plus d'actualité. Les réalités du territoire sont devenues autres. Quels sont les outils qui nous permettent de lire ces nouvelles réalités ? Comment opérer ce changement de "lunettes" que nous propose Bernardo Secchi pour lire et écrire la "ville contemporaine" ? Pour nos recherches, nous considérons Ouagadougou comme un véritable observatoire. L'objectif est d'apprendre des lieux d'initiatives où se construisent de nouveaux modes de vie dans des dynamiques imprévues. Aujourd'hui, la capitale burkinabé est caractérisée par une double identité foncière. Une organisation foncière publique importée de la pensée coloniale dite " lotie ", et une organisation foncière informelle issue de la culture villageoise dite " non-lotie ". À force de coexistence, le développement de métropole n'a t-il pas engendré d'autres phénomènes, avec des degrés et des intensités variés de planification et de spontanéité ? La rencontre des deux modes opératoires ne définit pas un rapport dual, mais un intervalle. Dans ce contexte, le " village " entendu dans sa dimension sociale et communautaire devient, en milieu urbain, générateur d'espaces communs. Les structures communautaires testent les possibles et inventent la métropole au quotidien : elles rendent flexible toute forme de planification. Ainsi, nous formulons l'hypothèse que l'étude de la " Métropole-village(s)" de Ouagadougou peut amener à de nouvelles connaissances permettant la création d'outils de compréhension des territoires urbanisés contemporains.

Mots clés en français

Ouagadougou, Villes d'Afrique Subsaharienne, Village, Espaces partagés, Architecture Spontanée

Titre de la thèse en anglais

Ouagadougou : The contemporary City-village(s) - Exploring the territoty's potential, supports's architectural project's process

Résumé de la thèse en anglais

The African city spreads and incorporates the surrounding villages becoming metropolis. Whether the migration from rural to urban or from the city to the countryside, these phenomena became a concern for specialists. Traditional thinking of the world that opposed city-countryside, city-village, city-bush, is no longer valid. Territory's realities became different. What are the tools that allow us to read these new realities ? How can we proceed to a change of "glasses" that Bernardo Secchi is proposing, in order to read and write the "contemporary city" ? For our research, we consider Ouagadougou as a true observatory. The objective is to learning places of initiatives which build new lifestyles in unexpected dynamics. Today, the capital of Burkina Faso is characterized by a dual identity of the land. Public land organization imported from the colonial thinking called " lotie " (subdivided area) and an informal tenure arrangements after the village culture called "non-lotie" (non-subdivided area). To force to coexistence, hasn't the metropolis generated new phenomena, with different degrees and intensities of planification and spontaneity ? The meeting of the two procedures does not define a dual report, but an interval. In this context, the "village" understood in its social and community dimension becomes an urban environment generating shared spaces. Communal structures are questioning what is possible and redefine what a metropolis is every day: they make flexible any form of planning. Thus, we hypothesize that the study of "City-village(s)" of Ouagadougou may lead to new knowledge to the creation of tools for understanding contemporary urbanized territories.

Mots clés en anglais

Ouagadougou, Sub-Saharan African cities, Village, Shared Spaces, Spontaneous architecture

18/12/2014 - Thiago Lopes Ferreira

École doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)
en cotutelle avec l'Institut d'architecture et d'urbanisme de l'université de São Paulo

Titre de la thèse

Architectures vernaculaires et processus de production contemporains : Formation, expérimentation et construction dans une communauté rurale au Brésil.

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Cette thèse a comme perspective d'analyse les manifestations contemporaines de production des architectures vernaculaires et cultures constructives dans la corrélation complexe de forces et d'intérêts qui mettent en forme et déterminent les phénomènes de production capitaliste des habitations populaires. Son contour analytique est délimité à partir d'une série de réflexions d'ordre théorico-conceptuelles mises en relation avec les analyses de terrain sur le chantier d'un habitat réalisé dans une communauté rurale de réforme agraire au Brésil. Ce chantier revêt la forme d'un chantier-école et se dessine comme la scène d'expérimentations et d'expériences de vie où est proposé comme pratique l'exercice de conjuguer pédagogie et production dans le même espace. Les processus de formation et de construction des connaissances ont lieu de manière complémentaire et simultanée aux pratiques constructives et au développement des technologies. Ainsi, le chantier se transforme en outil de constitution d'un espace dialectique de travail social, où l'expérimenter productif se concentre sur le défi de concevoir une habitation à partir de la génération locale de technologies sociales, en employant des matériaux naturels et de récupération. Le travail théorique, présenté dans les premières parties de la thèse, définit le cadre de sa praxis, qui alimente en retour la réflexion sur des processus de production et de développement de nouvelles formes d'architectures vernaculaires, intégrées à leurs territoires.

Mots clés en français

architecture vernaculaire, chantier-école, habitation populaire, formation, technologie social, assentamentos ruraux

Titre de la thèse en anglais

Vernacular architecture and contemporary productions process: Formation, experimentation and construction in a Brazilian rural settlement.

Résumé de la thèse en anglais

This thesis takes as its analytical perspective the contemporary manifestations of vernacular architecture production and building cultures within the complex correlation of forces and interests that shape and determine the phenomena of capitalist production of popular housing. The analytic framework is delineated from a series of reflections of theoretical and conceptual order, in relation to the analysis of a popular housing building site within an agrarian reform rural settlement in Brazil. This assumes the form of a field school in loco on the building site and is projected as a stage for experiments and experiences, where the proposal is to combine pedagogy and production in the same space. The processes of knowledge formation and construction occur simultaneously and complementarily to practical achievements and development of technologies. This building site is thus transformed into a tool for the constitution of a dialectical space of social work, where the orientation of its productive experimenting is focused on the challenge of designing a house from the local generation of social technologies, through the use of natural materials and reuse of discarded resources. A theoretical work, presented in the initial of the thesis, provides the framework for this fieldwork, which feeds back our reflection on processes of production and development of new vernacular architectures, integrated into their territories.

Mots clés en anglais

vernacular architecture, design build program,popular housing, formation,social technologies, rural settlements

28/11/2014 - Thi Hieu BUI

École doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université Grenoble Alpes)

Titre de la thèse

Pour un développement respectueux de la ville de Hué et de ses environs. Respecter les valeurs caractéristiques des villages traditionnels dans le bassin de la rivière des Parfums.

Composition du jury

Résumé de la thèse

Ce travail de recherche se concentre sur les questions du développement respectueux de la ville de Hué et de ses environs, en accordant une importance spécifique à la conservation et la mise en valeur des qualités faisant la particularité de cette ville et des villages avoisinants. La recherche est construite dans le contexte où le processus d'urbanisation et la prolifération des nouvelles zones urbaines et des nouveaux quartiers résidentiels ont entraîné de nombreuses menaces et dangers pour cette ville et ont engendré la perte des valeurs caractéristiques de ce territoire.

Les hypothèses de la recherche abordent les relations entre la conservation, la mise en valeur et la gestion durable du patrimoine, du système de l'eau et des valeurs caractéristiques des villages d'ores et déjà inscrits dans le développement environnemental, économique, socioculturel de ce territoire.

Les corpus principaux utilisés dans cette thèse, sont des données de cartographique GIS Hué 2010 et des cartes anciennes ; des relevés photographiques récoltés et des résultats des entretiens, des questionnaires lors de nos séjours d'étude de terrain à Hué. Grâce à la méthodologie d'analyse, surtout l'analyse cartographique et la méthodologie d'enquête de terrain, nous pouvons définir des caractères spécifiques de ce territoire et démontrer des menaces et des dangers principaux pour cette ville et ses environs face aux processus d'urbanisation.

Dans la recherche, nous avons également l'ambition de proposer ce qu'il faudrait mettre en œuvre pour un développement respectueux de l'environnement écologique, de la qualité de vie et du bien-être des habitants, des potentiels de l'économie locale, et de même que des valeurs caractéristiques de la ville de Hué et des villages avoisinants.

Mots clés

la ville de Hué, village traditionnel, développement respectueux, valeurs caractéristiques, patrimoine, ville de l'eau

03/11/2014 - Eric Ruiz

École doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université de Grenoble)

Titre de la thèse

L'autopromotion: une piste pour l'innovation architecturale, environnementale et urbaine

Composition du jury

Résumé de la thèse

Au-delà du cadre classique de la production du logement, des projets originaux à l'initiative de citoyens ou impliquant fortement des habitants, se développent sur le territoire européen et notamment français.

S'émancipant de l'offre professionnelle privée ou publique, ces maîtrises d'ouvrage d'usagers produisent un habitat original, tant du point de vue architectural et environnemental, que de l'insertion sociale et au territoire qui l'accueille.

Ce type de dynamique n'est pas un phénomène nouveau. En Amérique Latine notamment, des mouvements populaires et coopératifs développent ce type de démarche depuis plusieurs décennies. Insuffisamment étudié, ce phénomène mérite d'être analysé plus précisément, en particulier dans le champ de l'architecture et du point de vue des porteurs de ces projets : les habitants.

Cette recherche vise à montrer, par une analyse des différentes typologies d'organisations collectives, adoptées par ces maîtrises d'ouvrage non professionnelles d'habitants, les atouts et les résultats de leur production, du point de vue de :

Se basant sur les notions de "droit à l'œuvre" et de "droit à la ville" définies par Henri Lefebvre et de "bien commun" définie par Elinor Ostrom, cette thèse propose un apport de connaissances visant à contribuer à la réponse des professionnels et des politiques publiques, à une demande sociale chaque jour plus présente en matière d'initiatives citoyennes dans la production de l'habitat.

Mots clés

Autopromotion, Habitat participatif, Habitat groupé, Insertion sociale et spatiale, Droit à la ville, Droit à l'oeuvre, Bien commun, Organisations collectives, Pouvoir d'agir

30/10/2014 - Mélanie Manin

École doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du Territoire"
(Université de Grenoble)

Titre de la thèse

Du type au prototype. Outils et processus de conception du projet architectural élaborés par Henry Jacques Le Même (1897-1997).

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

La thèse interroge les processus de conception développés par l'architecte français Henry Jacques Le Même (1897-1997). Nous nous donnons à comprendre le savoir-faire qu'il a mis en œuvre par la pratique du projet afin de répondre à des commandes variées tant au niveau de leurs programmes que de leurs échelles de conception, et ceci dans des contextes historiques multiples. L'objectif est de déconstruire intellectuellement une partie de son œuvre par l'analyse architecturale et en inscrivant les projets étudiés dans leurs contextes de production afin de saisir les outils et méthodes de conception du projet qui lui sont spécifiques. Afin de mener des analyses précises, nous convoquons un corpus constitué d'un nombre de projets restreints et qui ont été conçus à des moments d'articulations dans la carrière de Henry Jacques Le Même ou à des époques historiques charnières, révélatrices des transformations du métier de l'architecte. Une première partie de la recherche vise à comprendre en quoi la déclinaison du type architectural du chalet du skieur, qu'il invente à la fin des années 1920 et sur lequel il travaille pendant près de 60 ans, permet à Henry Jacques Le Même de se constituer des outils de projet pour rendre sa pratique efficiente et répondre de manière ajustée à ses commandes. L'analyse architecturale d'un échantillon de projets de 19 chalets du skieur a pour objectif de repérer les principes du type architectural et les raisons de leurs évolutions. Pour comprendre comment la préfabrication, l'industrialisation de la construction ainsi que la transformation du statut de la commande influent sur la pratique architecturale de Henry Jacques Le Même, nous analysons les premiers projets où il doit intégrer ces nouvelles modalités dans l'exercice de conception. À partir de l'étude d'une demi-douzaine de projets expérimentaux que l'architecte conçoit dans les années 1940-1950, notre objectif est de saisir la démarche qu'il développe pour penser l'idée de prototype, la transformation des processus de construction, et l'architecture destinée au grand nombre. L'analyse des processus de conception des projets étudiés permet de révéler une recherche conduite par Henry Jacques Le Même sur la pratique de projet en vue de réduire la complexité au moment de la projection de l'espace. Elle s'établit à partir d'un renouvellement de ses outils intellectuels issus de sa culture architecturale et se traduit par un travail sur la composition, la définition d'un parti architectural ou sur la conception modulaire. D'autre part, l'architecte développe une méthodologie qui consiste à produire des ensembles sériels graphiques qui lui permettent de noter ses idées et intentions afin de progresser dans la pensée du projet. Pour mener à bien notre recherche, nous nous appuyons essentiellement sur l'étude de documents provenant du fonds d'archives de Henry Jacques Le Même, conservé aux Archives Départementales de la Haute-Savoie. Ces sources premières témoignent de la pensée en acte de l'architecte au moment de l'élaboration de ses projets et nous ont permis d'élaborer le contenu de notre recherche par une analyse croisée de la documentation écrite et graphique. Parallèlement nous avons entrepris un travail de re-dessin de plans originaux associé à des analyses graphiques. Cette méthode de recherche qui utilise les outils de l'architecte a permis d'opérer un procédé de déconstruction-reconstruction des projets analysés pour rendre lisibles et intelligibles leurs organisations et spécificités spatiales. La compréhension des architectures analysées a été précisée par un travail de documentation historique et théorique. La thèse a été menée au sein du laboratoire les Métiers de l'Histoire de l'Architecture, édifices-villes-territoires, ENSA Grenoble, et dans le cadre d'une convention CIFRE avec le CAUE de Haute-Savoie.

Mots clés en français

processus de conception architecturale, type architectural, prototype, XXe siècle, outils et méthodes de projet, analyse architecturale

Résumé de la thèse en anglais

This thesis questions the design process developed by architect Henry Jacques Le Même (1897-1997). Our goal is to understand the know-how he implemented by project practice to realize various commands both by their programs and their scales, in multiple historical contexts. The objective is to intellectually deconstruct part of his work by the architectural analysis, and considering the studied projects in their production context to capture the design tools of the project that are specific to it. To conduct detailed analyzes we consider a small number of projects that have been designed at key times during Henry Jacques Le Même career, or at pivotal historical moments for the transformation of the profession of the architect. The first part of the research is to understand how the variation of the architectural style of the skier's cottage - that he invented in the late 1920s and on which he worked for nearly 60 years - allows Henry Jacques Le Même to create project tools to make his practice efficient and to provide adequate responses to his orders. The architectural analysis of a sample of 19 skier's cottage projects aims to identify the principles of architectural type and the reasons of their evolution. The architectural practice of Henry Jacques Le Même has been influenced by prefabrication, industrialization of construction, and the transformation of the architectural command. To understand this we analyze the first projects in which he must integrate these new modalities in the design exercise. Based on the study of half a dozen experimental projects – that the architect designed in the years 1940-1950 -, our goal is to understand the process he developed to think the idea of prototype, the transformation of construction process, and the architecture destined for the masses. The analysis of the design process of studied projects reveals a research conducted by Henry Jacques Le Même on the project practice to reduce its complexity for spatial organization. This research is issued from a renewal of his intellectual tools from his architectural culture, and results in a work on the composition, the definition of an architectural style or modular design. Moreover, the architect develops a methodology which is based on producing serial graphics sets that allow him to record his ideas and intentions in order to bring forward the project thinking. To carry out our research, we first rely on the study of documents from the archives of Henry Jacques Le Même, preserved in the Departmental Archives of Haute-Savoie. These primary sources reflect the thinking of the architect during the development of his projects and helped us to develop the content of our research by a cross-analysis of the written and graphic documentation. In addition we have undertaken a re-drawing of the original plans associated with graphical analyzes. This research method uses the tools of the architect and allow us to operate a process of deconstruction and reconstruction of the analyzed projects to make readable and intelligible their organization and spatial characteristics. The understanding of the analyzed architectures has been specified by a work of historical and theoretical documentation. The thesis was conducted in the laboratory les Métiers de l'Histoire de l'Architecture, édifices-villes-territoires, ENSA Grenoble, and within a CIFRE agreement with the CAUE Haute-Savoie.

Mots clés en anglais

architectural design process, architectural type, prototype, twentieth century, project tools and methods, architectural analysis

10/10/2014 - Anna Voronina

École doctorale "Sciences de l'Homme, du Politique et du territoire"
(Université de Grenoble)
en co-tutelle avec la Faculté d'Architecture et d'Urbanisme de l'université d'État d'architecture et de génie civil de Nijni Novgorod

Titre de la thèse

Nijni Novgorod : interroger le paradigme de la "ville-nature" à l'ère post-industrielle.

Composition du jury

Résumé de la thèse

Les recherches sur la ville de Nijni Novgorod suscitent des interrogations au sujet de la "ville-nature". Les spécificités de ce territoire, situé dans un autre contexte culturel, nous incitent à contester la généralisation d'un paradigme, celui de la "ville-nature". Il s'agit de revisiter la ville russe contemporaine par la complexité des interactions entre la construction urbaine, conçue par l'homme, et les processus naturels.

Par le biais de la "ville-nature" nous repensons la ville et ses changements de conception : le passage d'une ville russe ancienne à la grande ville et à la ville socialiste. L'étude historique était essentielle pour comprendre le phénomène d'urbanisation et les origines des "natures" dans le milieu urbain, dont l'hétérogénéité résulte d'une séquence de bouleversements économiques et politiques. Nijni Novgorod — centre d'agglomération industrielle, pendant la période soviétique Gorki — est fortement marquée par l'industrie. La postsoviétisation et la désindustrialisation ont engendré une recomposition urbaine, en rendant la structure urbaine illisible.

Nijni Novgorod s'inscrit dans le territoire par des réseaux multiples dont la reconnaissance et la distinction, réalisées par une lecture stratifiée, à l'aide de la cartographie, mettent en évidence l'émergence du "vert" et participe à la qualification des espaces ouverts. "Sortir du vert" suppose de revisiter le rapport entre l'écologie et l'économie, ainsi que de reconsidérer la présence de la nature dans le milieu urbain par des activités économiques, des enjeux politiques et l'usage des processus naturels par l'homme.

La thèse est structurée en entrées thématiques afin de présenter la diversité des rapports que la Nijni Novgorod contemporaine entretient avec la nature. Tout d'abord, sa position à la confluence de la Volga et l'Oka a prédéterminé sa viabilité économique et en même temps a posé le problème de la complexité des conditions naturelles, l'hydrographie et la topographie notamment. En dépit de la réalisation de travaux d'aménagements pendant le XXe siècle, les sols urbains restent difficilement praticables et vulnérables aux processus naturels. Dans la recherche, les espaces ouverts et végétalisés, considérés jusqu'à maintenant non constructibles, sont revisités comme appartenant à l'infrastructure paysagère. Des principes nouveaux d'aménagement sont recherchés pour réorganiser les processus naturels afin d'améliorer la qualité des sols urbains ; le travail du paysagiste s'accorde avec celui de l'ingénieur. Ensuite, la planification stratégique des années 1930 a prédéfini la structure éparpillée de Nijni Novgorod, pensée pour les industries. L'incohérence urbaine résulte des contradictions apparues entre la conception de la ville socialiste unie et la décentralisation uniforme des industries. Les espaces verts conservent l'empreinte des changements sociaux brutaux, de l'inaction politique et des pratiques d'aménagement urbain par les propres moyens des habitants. Le déclin de l'URSS a entraîné l'abandon des grands parcs publics, dont les qualités se rapprochent de celles des terrains réservés pour les espaces verts qui ne furent jamais aménagés. Cependant, la pauvreté des parcs urbains est compensée par la richesse des formes d'agriculture urbaine et périurbaine. Le tissu bâti est composé d'une morphologie dite intermédiaire, incluant des parcelles pour des activités agricoles. Enfin, les processus actuels sont considérés à travers des pratiques d'aménagement qui accompagnent la régénération postindustrielle et l'installation des nouvelles activités. À Nijni Novgorod, la transition postsoviétique accorde de nouvelles données pour le projet urbain, or ce passage se complique par l'ancrage des dogmes soviétiques dans la pensée actuelle.

La recherche est réalisée à la rencontre des regards : architectural, territorial et paysager, par le croisement de méthodes différentes : l'histoire, la cartographie, le travail d'enquête sur le terrain.

Mots clés

Nijni Novgorod, Gorki, ville-nature, industrie/désindustrialisation, postsoviétisation, "vert"

06/10/2014 - Laure Brayer

École Doctorale "Science de l'Homme du Politique et du Territoire"
(Université de Grenoble)

Laure Brayer, architecte, chercheure au laboratoire Cresson, fait partie des 7 lauréats du Prix de la thèse 2015 de l'UGA récompensés pour l'excellence de leur travail de recherche.

Titre de la thèse

Dispositifs filmiques & paysage urbain. La transformation ordinaire des lieux à travers le film.

Composition du jury

Résumé de la thèse

Partant d'une considération sur le paysage configuré au quotidien par les pratiques individuelles et collectives qu'il accueille et qui lui donnent forme, ce travail de thèse en architecture s'intéresse à la transformation ordinaire des lieux et interroge les manières dont nous pouvons l'appréhender pour penser leur devenir. Comment prendre en compte la dynamique de l'ambiance pour penser la conception d'un lieu ?

Cette recherche interroge dans ce sens la portée du film (comme médium, comme pratique et dans sa réception) dans ce qu'il permet de comprendre de la transformation ordinaire des lieux. Il s'agit ainsi de questionner les potentialités des images audiovisuelles quant à la perception, la représentation et la conception partagée d'espaces publics urbains. En quoi et comment le film peut-il permettre de saisir les états et transitions des relations entre espace et corps percevants autant que pratiquants ?

Pour cela, un protocole méthodologique croisé, à l'écoute d'une hétérogénéité des usages du film dans la compréhension et la constitution du fait urbain, a donné lieu à la construction et à l'analyse de quatre corpus de travail :

  1. Recueil et sélection de films existants ;
  2. Observation et suivi d'une mission vidéo dans un cadre opérationnel ;
  3. Réalisation d'un film ;
  4. Expérimentation pédagogique auprès d'étudiants en architecture.

Ces quatre corpus considèrent à plusieurs égards la problématique de la fabrication de films : statut et enjeu du recours au film, engagement dans le terrain (dans l'espace, le temps et la relation à l'Autre) par la pratique filmique, postures filmiques et rapports au monde. Notre recherche soulève, dans un second temps, la question de la réception filmique. C'est ainsi à partir d'une expérience d'audio-vision collective que le film devient le support d'un dialogue entre différents interlocuteurs conviés à mettre en partage et en débat leurs expériences. La pluralité des registres mis au travail au cours de la réception des films et de leur discussion (à savoir le sensible, le perceptif, l'interprétatif, le critique et le créatif ) devient le support à l'élaboration d'un commun.

De ces considérations sur la portée du film émerge en toile de fond l'importance du sensible et de l'improvisation collective dans l'appréhension et la conception de l'espace public urbain.

24/07/2014 - Mohammad Jawad Abd

École Doctorale "Science de l'Homme du Politique et du Territoire"
(Université de Grenoble)

Titre de la thèse

La Ville de Bagdaf. Intérêts et perspectives d'une stratégie de développement urbain durable.

Composition du jury

Résumé de la thèse

Cette recherche s'interroge sur l'interrelation entre le développement urbain et le développement durable dans le sens où celui-ci peut se concrétiser en milieu urbain et à différents niveaux stratégiques de la ville. Sous cet angle, la recherche ambitionne une meilleure compréhension de cette interrelation, notamment par ses implications potentielles pour la ville de Bagdad (Irak) qui constitue l'étude de cas.

Pour atteindre cet objectif, la recherche implique une évaluation critique de la ville afin de savoir si la dynamique existante (défis et réponses) et les mutations urbaines actuelles (le développement économique, le changement social et l'envergure de l'implication du public, la transition politique), ainsi que les projets de développement urbain effectivement élaborés à la suite des efforts locaux de reconstruction – mais aussi sous l'impact du processus de globalisation - pourraient être orientés de façon à créer un terrain favorable pour engager un processus de développement durable en contexte.

Toutefois, avant de passer à cette dernière étape ambitieuse, la question de recherche est examinée au prisme de trois étapes structurelles. Tout d'abord avec un regard sur l'histoire de façon à mieux voir comment a débuté la création de la ville de Bagdad et sa formation, puis quels furent son développement et ses transformations jusqu'à sa situation actuelle. Deuxièmement, en soulignant et analysant les conséquences et les problèmes actuels de son développement et ses impacts sur les différents aspects de l'état urbain (la société, la culture, l'environnement, la politique, etc. ...), cela pour mieux comprendre les débats actuels et les efforts contradictoires portés sur le développement de la ville concernée. Troisièmement, au-delà d'une recherche théorique sur le concept de développement durable, et de l'examen de certaines perspectives et de points de vue théoriques à partir desquels ce concept a été approché, la recherche est plus précisément conduite dans le but de bien comprendre comment s'engager correctement en faveur d'un développement adapté et d'un avenir durable pour la ville de Bagdad. Il importe ici de rappeler que cette approche s'inscrit dans un contexte où le rôle de la durabilité n'a pas reçu une attention appropriée de la part de la recherche en termes d'analyse des divers avantages et inconvénients apportés au contexte concerné.

A cet égard, bien qu'il existe certaines similitudes entre les villes à travers le monde, et que l'on puisse aussi admettre qu'il y ait beaucoup d'éléments globaux communs au sujet du développement de la ville, il convient de relever qu'il y a aussi des dimensions locales et régionales jouant un rôle important. A cet à égard la recherche révèle que Bagdad est un produit unique (dans le sens d'inhabituel) pour la mise en œuvre de politiques de développement urbain.

La recherche vise aussi à établir une vision stratégique pour la ville en matière de développement urbain durable, en mettant d'abord l'accent sur des démarches stratégiques qui prennent en considération toute la complexité de la gestion et de l'aménagement de la ville.

Enfin, la recherche esquisse les orientations d'un Schéma Directeur visant à maîtriser à la fois la forme urbaine et la croissance dans la perspective d'une éventuelle évolution vers une ville plus adaptée et "durable".

30/06/2014 - Sylvie Laroche

École Doctorale "Science de l'Homme du Politique et du Territoire"
(Université de Grenoble)

Titre de la thèse

L'architecture commerciale à l'usage des villes : ambiances, pratiques et projets.

Composition du jury

Résumé de la thèse

L'architecture commerciale s'est largement développée depuis plusieurs décennies sous la forme d'espaces insulaires privés, présentant une multipolarisation de l'offre et générant des milieux difficiles à traiter et intégrer. Cette recherche porte précisément sur la qualification des équipements commerciaux dans leur relation à leur contexte urbain limitrophe. Nous les abordons comme générateurs de milieux ambiants spécifiques sur leurs abords et sous l'angle de leur emprise sur la ville.

L'objectif de cette thèse est ainsi d'analyser les effets d'implantation des commerces de grande envergure sur les espaces proches, et de formuler des critères de conception concernant leurs relations aux tissus urbains et aux paysages environnants. Quels sont les facteurs permettant une meilleure articulation des équipements commerciaux avec leurs contextes à retenir, afin de repenser les stratégies urbaines et les modèles de conception ? Quelles sont les évolutions dans la composition de leurs enveloppes et dans les espaces publics attenants ? Comment engager les acteurs privés et publics à intégrer des dimensions qualitatives incluant des ambiances dans la planification du commerce de grande distribution dans la ville ?

L'hypothèse de ce travail est de porter attention aux limites spatiales et sensibles entre les espaces privés commerciaux et publics urbains, partant du fait que c'est une des conditions pour développer des opportunités d'urbanité aux abords des équipements commerciaux. Pour évaluer cette hypothèse, nous avons choisi d'investir deux cas : le centre commercial Beaulieu récemment réhabilité sur l'Île de Nantes, et le pôle de commerces et de loisirs Carré de Soie à Vaulx-en-Velin. Il s'agit d'explorer les qualités spatiales des deux équipements commerciaux et de leurs environnements tout en interrogeant les stratégies urbaines déployées dans ces deux opérations (la première est une réhabilitation et la seconde une création nouvelle). L'analyse des situations préexistantes et du processus d'établissement permet de saisir les origines et mécanismes de projet. L'approche in situ est conduite à partir des interfaces sensibles pour saisir les espaces accessibles aux piétons ainsi que les enjeux d'ambiance et d'usage. Cette démarche s'appuie sur des entretiens auprès des acteurs principaux de la fonction commerciale et à travers l'observation et de mesures in situ.

À partir de ces investigations, des configurations d'emprise du commerce sur la ville sont distinguées. L'identification de ces configurations d'ambiances nous permet d'explorer trois scénarii possibles pour le futur, et de préciser les degrés de continuité urbaine du commerce sur le territoire. Ils intéressent directement la planification et la conception du commerce dans la ville afin de gérer les multiples équipements commerciaux existants, d'anticiper les évolutions des formats de commerce et de proposer de nouvelles interfaces sensibles avec leur contexte proche.

Mots clés

grande distribution, commerce, ville, architecture, ambiances

08/04/2014 - Annalisa Caimi

École Doctorale "Science de l'Homme du Politique et du Territoire"
(Université de Grenoble)

Titre de la thèse

Cultures constructives vernaculaires et résilience. Entre savoir, pratique et technique : appréhender le vernaculaire en tant que génie du lieu et génie parasinistre.

Composition du jury

Résumé de la thèse en français

Dans les régions exposées à des aléas naturels, une large partie des bâtiments composant l'environnement construit sont réalisés presque exclusivement sur la base de l'expérience et de l'observation des bâtisseurs locaux, sans l'appui d'un architecte ou d'un ingénieur. Les communautés installées dans ces zones ont développé, au fil du temps, une multitude de stratégies pour co-habiter avec ces phénomènes, incluant des comportements sociaux et des approches de construction visant à prévenir et/ou à limiter l'exposition du bâti et de ses habitants. En fait, les constructeurs ont souvent intégré la présence et les caractéristiques locales des aléas naturels dans leurs pratiques quotidiennes, élaborant des détails et des dispositions constructives particulières pour réduire la vulnérabilité des artefacts et du milieu bâti.

Le concept de culture constructive embrasse la dimension sociale et technique de l'acte de construire et du processus d'élaboration des savoirs et savoir-faire qui lui sont inhérents, reflétant intrinsèquement la multiplicité des sociétés humaines et leur enracinement indissoluble au territoire qu'elles habitent. Le vernaculaire en tant que caractérisation des modes de bâtir, d'habiter et de se protéger se révèle par ce fait une source précieuse de pratiques, techniques et mesures, testées au cours des siècles et des multiples aléas, pour la construction d'environnements bâtis durables, accessibles et sûrs.

Ce travail de recherche explore le potentiel présenté par les cultures constructives vernaculaires dans le renforcement de la résilience locale. Et cela à partir des pratiques - constructives et comportementales -  développées par les populations, groupes et individus habitant des contextes géographiquement exposés à des aléas naturels. Se fondant sur une forte interaction entre la théorie et la pratique, cette recherche entame une (re)découverte de l'ingéniosité intrinsèque à ces savoirs par le développement de deux axes thématiques. L'un investigue les dispositions et les dispositifs vernaculaires à caractère parasinistre ayant démontré leur efficacité à réduire la vulnérabilité de l'environnement construit envers différents types d'aléas naturels. L'autre axe questionne les modalités de leur identification et contribution directe au renforcement des capacités de populations et institutions dans la gestion des crises. À une analyse technique s'associe l'élaboration d'un outil méthodologique soutenant la mise en place d'une démarche de projet s'ancrant fortement aux spécificités contextuelles selon une logique de continuité, tant culturelle que de pratique, entre passé et futur, entre préparation et réponse aux catastrophes.

Mots clés en français

Cultures constructives vernaculaires, Architecture vernaculaire, Culture du risque, Aléas naturels, Résilience, Outils d'analyse contextuelle

Titre de la thèse en anglais

Vernacular building cultures and resilience. Knowledge, practice and technique: apprehending vernacular as genius loci and disaster resilient ingenuity.

Résumé de la thèse en anglais

In areas prone to natural hazards, many of the buildings that make up the built environment are constructed almost exclusively through the experience and the direct observation of local builders, without the support of any architect or engineer. In these regions, communities have developed over time a variety of strategies to cope with natural phenomena through patterns of social behaviours and building approaches intended to prevent and/or to reduce their exposure to local risks. Similarly, local builders have often integrated reactive responses to natural hazards into their daily practices, developing singular techniques, building details or devices aiming to reduce the vulnerability of the built environment.

The concept of building culture embraces the social and technical aspects related to the construction process and to the development of corresponding knowledge and know-how, intrinsically reflecting the multiplicity of human societies and their indissoluble connection with the territories they inhabit. The vernacular as characterization of ways of building, living and protecting oneself proves to be a valuable source of practices, techniques and measures, tested over the years and during multiple hazards, for contemporary construction of sustainable, accessible and safe built-environments.

This research explores the potential of vernacular building cultures in enhancing local resilience; and this starting from - constructive and behavioural - practices developed by individual people and groups living in contexts geographically exposed to natural hazards. Based on a strong interaction between theory and action, this research undertakes a (re)discovery of vernacular knowledge through two thematic focuses. One examines disaster resilient vernacular provisions and devices which have demonstrated their effectiveness to reduce vulnerability of the built environment to various types of natural hazards. The other one considers ways for their identification and direct contribution to strengthening capacities of communities and institutions for disaster risk management. This research combines a technical analysis with the development of a methodological tool, contributing to set up a project approach strongly rooted into contextual specificities, linking culture and practice, past experience and future needs, disaster response and preparedness.

Mots clés en anglais

Disaster resilient building culture, Vernacular architecture, Local risk culture, Natural hazards, Resilience, Contextual analysis tools

14/01/2014 - Noha Gamal Said

École Doctorale "Science de l'Homme du Politique et du Territoire"
(Université de Grenoble)

Titre de la thèse

Vers une écologie sensible des rues du Caire : le palimpseste des ambiances d'une ville en transition.

Composition du jury

Résumé de la thèse

De même que le paysage visuel évolue et se transforme dans le temps, l'ambiance d'un lieu est également soumise à un changement continu. En effet, la temporalité est un des critères pertinents dans la constitution d'une ambiance. Dans ce travail sur le palimpseste des ambiances, nous élargissons cette dimension temporelle de l'ambiance à une vaste échelle qui peut couvrir toute l'histoire sensible d'un lieu. L'intérêt d'une telle approche repose sur l'interrogation de certains aspects de l'ambiance tels que l'ancienneté, l'authenticité, le patrimoine, le partage, la mémoire. En effet, le palimpseste est une figure reliée davantage à la mémoire. Selon Baudelaire, la mémoire est sauvegardée dans le cerveau dans des couches successives étant à son tour recouverte d'oubli. Le palimpseste se construit par des actes d'addition et d'effacement continus. Cependant, Baudelaire déclare que tous les échos de la mémoire peuvent être réveillés à un moment donné en allumant tout le théâtre d'une vie passée (Baudelaire, 1860). Quant à Proust, il introduit un double aspect de la mémoire, distinguant la mémoire volontaire et la mémoire involontaire. Cette remémoration immédiate s'effectue inconsciemment dès la perception d'un indice sensible évoquant la même sensation. Tous ces termes, le palimpseste, la mémoire volontaire et involontaire, montrent que l'oubli n'est que momentané et que les souvenirs peuvent reprendre de la vie et de la force par la remémoration. Ils montrent que le passé n'est plus intériorisé mais présent dans le présent. En 1983, André Corboz, dans une tentative de nommer le paysage contemporain comme le produit d'une stratification temporelle, a assimilé le territoire à un palimpseste, montrant comment ce paysage englobe toutes les strates accumulées des paysages antérieurs (Corboz, 2009). Il pointe du doigt à l'épaisseur de ce paysage en ajoutant la dimension temporelle des situations. Dans le cadre de cette recherche, nous proposons une relecture du palimpseste par le sensible en faisant l'hypothèse que l'expérience vécue des espaces est une construction temporelle composée d'un amalgame de phénomènes sensibles mêlés ensemble par des processus de stratification et d'accumulation dans le temps. Le palimpseste en termes d'ambiance est défini dans le cadre de notre recherche comme une "incarnation du passé dans le présent" par un processus continue de "sédimentation des traces". Nous postulons que l'ambiance d'un lieu fonctionne comme un palimpseste qui est le résultat d'une superposition de différentes couches sensorielles accumulées au fil du temps. Ce travail est appliqué au Caire qui est une ville millénaire. La ville a un tissu urbain complexe, a été exposé à de forts bouleversements et à des changements brutaux issues de la modernisation de la ville au XIX ème siècle, puis par le passage des politiques socialistes aux politiques capitaliste. Le résultat est une mosaïque métamorphosée et informelle de la ville. Toutes ces histoires de la ville sont inscrites dans les variations des formes urbaines qui ont la capacité de raconter son histoire. En fait, l'existence des formes urbaines successives offre la chance de retracer l'évolution des ambiances de cette ville depuis sa création jusqu'à aujourd'hui. Quatre cas d'étude ont été choisis qui sont considérés dans notre travail comme des cas représentatifs de la transformation urbaine de la ville. Ces quatre cas sont les suivants : Le Caire Fatimide, Choubrah, Héliopolis, et Al Réhab City. L'approche par laquelle cette étude est menée se fonde sur une analyse des phénomènes in situ à partir des techniques d'observation, d'enregistrement sonore et de prises de vue ainsi que des techniques consistant à faire parler les habitants de leurs quartiers sous la forme de parcours commentés.

Contact :

Hélène Casalta
recherche, partenariats, international