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Étudiant sportif de haut niveau

À la rentrée 2020, 5 étudiants bénéficiaient du statut “étudiant sportif de haut niveau” (ESHN) à l’ENSAG : Enzo Favero, Adrien Grataloup, Nina Guillaud, Nathan Martin, Diane Mouillac. Grâce à ce statut, les sportifs exerçant leur discipline au niveau national ou international n’ont plus à choisir entre leurs études et leur carrière sportive. Explications.

“À l’ENSAG, nous avons la particularité d’avoir toujours compté parmi nos étudiants des jeunes à la tête et au corps bien faits ! Autrefois, les sportifs qui souhaitaient devenir architecte se débrouillaient pour mener les deux activités de front” rappelle Marianne Veillerot, chargée de mission Vie étudiante, orientation, insertion, relations avec la profession à l’ENSAG. Avant de tempérer : “Il y a 20 ans, les études d’architecture étaient beaucoup moins intensives qu’aujourd’hui. La pression à la réussite est beaucoup plus forte maintenant. C’est pourquoi il existe de réels aménagements qui permettent de concilier une carrière de sportif tout en faisant des études supérieures.” Pour pouvoir bénéficier de ces aménagements, il faut obtenir le statut d’étudiant sportif de haut niveau (ESHN).

La création du statut “étudiant sportif de haut niveau”

“Le statut s’est structuré à la fin des années 1990, années durant lesquelles un chargé de mission a accompagné ce dispositif sur l’ensemble du site universitaire grenoblois. Un dispositif harmonieux a pu être présenté aux partenaires sportifs” relate Philippe Giroud, directeur du Service des publics à besoins spécifiques (SPBS) de l’Université Grenoble Alpes (UGA). Marianne Veillerot insiste sur le rôle déterminant des fédérations sportives dans l’établissement d’une organisation pertinente. “Le statut ESHN ne peut pas être pensé sans ceux qui accompagnent les sportifs. Ils siègent dans les commissions et apportent leur expertise, entre autres choses.”

Les ayants droits du statut ESHN

“Dans le cadre du ministère des Sports, il existe des listes ministérielles des sportifs de haut niveau. À partir du moment où un sportif rejoint ces listes, il obtient un certain nombre de droits. Au regard de la loi, il est notamment ayant droit de ce statut ESHN” nous renseigne Philippe Giroud. “Ce qui est génial à l’ENSAG et à l’UGA, en général, c’est que même si tu n’es pas sur critère ministériel, tu peux obtenir le statut car ils reconnaissent certains sports via d’autres critères. L’année 2018-2019, l’ENSAG me l’a accordé parce que j’étais admis sur liste ministérielle mais l’année suivante, je n’étais plus sur cette liste. Comme en trail, j’avais néanmoins un niveau référent, l’école a accepté de renouveler mon statut” se réjouit Adrien Grateloup, étudiant en licence 3 à l’ENSAG, bénéficiant du statut ESHN depuis trois années consécutives.

De fait, 45 % des étudiants de l’UGA qui bénéficient du statut ESHN n’ont pas été acceptés en raison de leur admission sur liste ministérielle. “Chaque établissement d’enseignement supérieur, individuellement, en France, peut décider ou non d’attribuer ce statut à de jeunes sportifs qui ne sont pas sur liste ministérielle mais qui en sont assez proches. On estime qu’ils sont en accession vers le haut niveau” confirme Philippe Giroud.

Les avantages du statut ESHN

“J’ai vraiment envie de dire aux sportifs qui hésitent que c’est faisable ! On peut mener de front le sport et les études”, s’enthousiasme Adrien Grateloup, spécialiste en course de montagne. Enzo Favero, athlète courant le 200 et le 400 mètres, étudiant en licence 3 à l’ENSAG, tient le même discours. “C’est vrai qu’en architecture, il y a quand même pas mal de travail personnel et on peut vite se faire déborder. Mais, dès qu’on a un souci, l’école est à l’écoute. Il ne faut pas hésiter à aller voir l’administration. C’est ce qui m’est arrivé l’année dernière. J’avais voulu suivre trop de matières. J’en ai parlé à l’administration et on m’a enlevé des matières.”

“Il est vrai que les études de l’ENSAG nécessitent beaucoup de rigueur de la part de l’étudiant pour être en réussite” soutient Philipe Giroud. “La première mesure dont on peut bénéficier, c’est donc l’étalement du cursus, qui peut être fort ou faible. Le diplôme de licence peut, par exemple, être obtenu en six ans. L’étalement glissé, plus faible, consiste à réaliser deux années en trois.” Cette dernière option est celle pour laquelle ont opté Adrien Grateloup et Enzo Favero.

Autre avantage ? Le tutorat assuré par Adrien en direction des étudiants SHN admis en 2019 et 2020 : “Ça permet d’aller plus vite pour eux et d’éviter les galères que j’ai connues sur certains points !” rigole l’étudiant. Lequel cite, parmi les bénéfices les plus intéressants de ce statut, le fait de pouvoir accéder à des soins de manière extrêmement réactive. “Médicalement, les ESHN ont la possibilité d’être suivi par l’un des médecins du sport avec lesquels on est en convention. Nous avons aussi établi un partenariat avec un grand cabinet de kiné proche de l’ENSAG” complète Philippe Giroud.

Concilier deux carrières

On le voit, les étudiants bénéficiant du statut ESHN jouissent d’une grande flexibilité de la part des équipes administratives et enseignantes. L’objectif principal ? Que les étudiants ne soient pas obligés, à un moment donné, de choisir entre les études et le sport. “Tout est mis en place pour qu’ils puissent concilier les deux. Il y a l’idée de souplesse et d’aménagement des études en regard de la contrainte sportive” résume Philippe Giroud, qui tient tout de même à rappeler que le dispositif respecte évidemment les incontournables de la filière d’études que les étudiant choisissent. “Et, surtout, je tiens à dire que nos étudiants SHN, on les aime bien, on a de l’empathie pour eux. Mais on va leur délivrer le même niveau de diplôme qu’aux autres. Ils seront confrontés au même niveau de compétence et au même niveau d’exigence.”

 

Qui sont les étudiants SHN en 2020/21 à l’ENSAG ? Quel est leur palmarès ?

Enzo Favero (licence 3). Athlète sur liste ministérielle “espoir”, 3ème au championnat de France 2019 indoor junior sur 400m.

Adrien Grataloup (licence 3). Athlète : courses de montagne hors stade. International il y a 2 ans, la crise sanitaire ne lui a pas permis de faire une réelle saison en 2019-20.

Nina Guillaud (licence 1). Athlète : spécialiste de demi-fond et de cross. 3ème place aux championnats de France scolaire en 2019/20.

Nathan Martin (licence 1). Escalade, membre du pôle France de Voiron, sur liste ministérielle “SHN relève”. Champion du monde 2016, il décroche la 7ème place aux JO de la jeunesse 2018.

Diane Mouillac (licence 1). Athlète : épreuves combinées et saut en longueur, liste ministérielle “espoir”. Internationale jeune, championne de France et 3ème place mondiale en 2017 au saut en longueur. Blessée en 2019/2020.