RECHERCHE
Un doctorant obtient une bourse de recherche favorisant la mobilité internationale
Yann Mazimann, doctorant au sein de l’unité de recherche AE&CC, équipe Cultures constructives, partira en mission de recherche de plusieurs semaines à Oxford (Angleterre) grace à l’appel à candidatures UGA / Maison française d’Oxford dans le cadre du projet GATES.
EXPOSITION
Archi-Folies – Paris 2024
Découvrez le travail de conception des pavillons des fédérations sportives pour les JO de Paris 2024 réalisé par les étudiantes et étudiants des 20 écoles d’architecture et de paysage de France.
RECHERCHE
Soutenance de thèse de Fatma MRAD
Soutenance de thèse de Madame Fatma Mrad le vendredi 04 juillet à 9h, amphithéâtre Maglione 1 (ENSAG-UGA).
Titre de la thèse
Appréhender notre réalité urbaine à travers l’expérience émotionnelle
des ambiances urbaines filmiques : Essai sur trois situations esthétiques paradigmatiques.
Unité de recherche
UMR ENSAG -1563-CRESSON
École doctorale
SHPT – Sciences de l’homme, du Politique et du Territoire
Direction de thèse
Co-encadrante de thèse : Madame Meziou OLFA, Maîtresse de conférences, Université de Carthage
Co-encadrant de thèse : Monsieur Pascal HOT, Professeur des universités, Université de Chambéry
Composition du jury
Invités
Madame Olfa Meziou, Maîtresse de conférences, Université de Carthage
Madame Sophie DONNADIEU, Maîtresse de conférences, Université Savoie Mont Blanc
Résumé de la thèse
Cette recherche explore les ambiances urbaines en mettant en avant leur caractère cinétique, fragile et évanescent, que le cinéma amplifie par la mobilité de la caméra et la temporalité diégétique. Ces caractéristiques révèlent les dimensions sensibles de l’expérience esthétique des ambiances urbaines, en les stylisant et en les plaçant au cœur de notre attention sensible le temps de la projection. Ainsi, dans notre recherche, nous considérons la mise en scène cinématographique comme fabrication paradigmatique d’une esthétique des ambiances urbaines. Nous stipulons, à cet effet, que cette approche offre un cadre intéressant pour explorer et comprendre les ambiances qui façonnent nos expériences urbaines réelles.
Pour cela, nous avons analysé des mises en scène filmiques d’espaces urbains dans trois situations limites : magnifiée, tragique et ordinaire.
Une phase d’observation préliminaire, inspirée de la méthode « forme-formant-formalité » de Grégoire Chelkoff, a permis de décrypter les configurations sensibles des ambiances. Cette analyse a conduit à l’élaboration d’un protocole mixte articulant deux approches complémentaires : une quantitative, mobilisant les outils des sciences cognitives (ECG, eye-tracking, auto-reports émotionnels), et une qualitative, s’appuyant sur des entretiens semi-directifs issus des sciences sociales.
Les synchronisations émotionnelles observées à travers la mesure de la fréquence cardiaque traduisent des réponses collectives significatives aux stimuli filmiques, mettant en évidence l’implication partagée des spectateurs avec les ambiances visionnées.
L’analyse oculométrique a mis en évidence une focalisation marquée sur les visages et les interactions humaines, soulignant leur rôle clé dans la compréhension des ambiances urbaines filmiques et des dynamiques émotionnelles.
Quant aux autres phénomènes d’ambiance (les formes architecturales, les éléments en mouvement, les éléments naturels et les enseignes), ils passent au second plan en jouant néanmoins un rôle remarquable dans la mobilisation des processus attentionnels et émotionnels.
La deuxième expérimentation a approfondi ces observations en explorant comment les ambiances urbaines filmiques influencent, non seulement, les émotions des spectateurs, mais aussi leurs souvenirs et leurs imaginaires. Les récits des participants révèlent une dynamique complexe entre perception de l’ambiance urbaine et identification émotionnelle, où les ambiances filmiques activent des mémoires sensorielles et des répertoires affectifs personnels, influençant à la fois l’interprétation des scènes et la relation des spectateurs à l’espace urbain représenté.
En croisant ces méthodologies, cette recherche a mobilisé, pour la première fois dans les études urbaines, le modèle d’évaluation cognitive et dynamique des processus émotionnels de Scherer (2001). Les résultats croisés des trois approches ont montré que les ambiances urbaines sont des phénomènes dynamiques et complexes, articulant intrinsèquement attention, émotion et mémoire individuelle et collective, ouvrant ainsi une nouvelle voie dans l’étude des ambiances urbaines.